vendredi 19 août 2011

Ce qu'est un curé rouge

Le curé rouge sera souvent l'objet de nos attaques, il convient donc de le définir avec précision. Le curé rouge est un garçon ou une fille qui peut être fort sympathique à la première rencontre, mais qui va se révéler rapidement très fatiguant à cause d'une série de travers redondants. Travers qui vont faire dire à bien des gens : « Décidément, je ne suis pas comme eux ». Ce qui est un lourd handicap, nous y reviendrons à la fin de ce billet.

Le curé rouge se réfère aux grands anciens et aux textes sacrés. Ses conversations sont truffés de « selon Marx » ou « comme disait Bakounine » ou « si tu avais lu l'État et la Révolution tu saurais que... ». Le curé rouge a une lourde tendance à la citation. Il voue un culte aux saints et aux héros et gare à ceux qui blasphèment les icônes.

● Le curé rouge a parfois besoin d'un « grigri » qui le rassure : un badge à l'effigie d'un de ses héros, une petite étoile rouge, un A cerclé, un miroir de Vénus, un sigle antifasciste...

●Le curé rouge a besoin de cérémonial. La fin des meeting et des grandes réunions doit ainsi être ponctuée d'un chant religieux : l'Internationale. Il convient alors d'adopter la posture adéquate : poing levé, recueillement et gueule en biais. On peut également agiter des drapeaux rouges pour chasser le mauvais œil.

● Bien qu'il soit la plupart du temps athée, le curé rouge pense que les militants morts le regardent, quelque part dans le ciel. C'est pour ça qu'il refuse de changer ses habitudes ou d'abandonner le fétichisme cité plus haut : « on a toujours fait comme ça » et « c'est pour respecter la mémoire de ceux qui sont morts en luttant ».

● De même, le curé rouge croit au paradis. « Sous le communisme il n'y aura plus de chagrin d'amour » disait Josiane Balasko dans un célèbre film ; on peut aussi entendre « Quand il y aura le socialisme/l'anarchie, il n'y aura plus besoin de prisons... »

● Le curé rouge est persuadé de parler au nom du peuple et de connaître les désirs que le peuple lui-même ignore : « Si les gens s'abstiennent aux élections, c'est parce qu'ils rejettent le système et veulent le renverser ». A l'instar du concept de « croyant qui s'ignore » de l'Église Chrétienne, pour le curé rouge, l'ouvrier est un révolutionnaire qui s'ignore.

● Le curé rouge pratique l'incantation : « nous sommes le parti des luttes », « nous sommes un parti à l'image de la société... », répétés à foison dans un réflexe d'auto-persuasion rappelant fortement le credo catholique.

● Tous ceux qui ne pensent pas exactement comme le curé rouge sont des mécréants. Il use alors de formules magiques qui permettent de couper court à toute discussion telles que : « tu es sectaire » ou « c'est une position droitière » ou, plus sobrement, « sale facho »...

● Enfin le curé rouge a l'esprit de sacrifice. Pour lui le militantisme est un sacerdoce, dans lequel on se purifie par la souffrance. C'est pour cela qu'il distribue des tracts à 6h du matin devant une usine, qu'il colle des affiches sous la pluie en plein hiver, ou qu'il passe cinq heures en réunion. Quand il veut un ''parti de militants'', militants s'entend comme ''des gens exactement comme lui'', avec les mêmes pratiques.

Voici en huit points ce qu'est un curé rouge. D'autres tares pourraient être ajoutés, les laboratoires du Courant Anarcho-droitier continuent leur étude de ces individus.
Qui a ce genre de comportement dans la vie de tous les jours ? Personne. Qui alors peut se reconnaître dans ces militants ? Personne, à part d'autres militants. Et pour quelqu'un qui a déjà des journées très chargées, ce type de comportement ne fait pas envie. Ce quelqu'un restera au mieux un sympathisant. Bref, le curé rouge est un lourd handicap. Il serait temps que l'extrême-gauche devienne vraiment laïque.

3 commentaires:

Jésus a dit…

Le curé rouge, c'est quand même pratique pour rester au pieu avec ta dernière conquête (à peine au FdG, la pute facho) alors que tu devais tracter à 6h du matin.

Vincent Présumey a dit…

Pour sûr !
Mais il y a pire : le curé rouge défroqué.
On vous attend sur ce sujet !

jc petit a dit…

Des variantes existent avec le curé noir qui cite Proudhon et Francisco Ferrer et le rouge et noir qui fait la même chose avec Kropotkine et Durruti...