mercredi 13 décembre 2017

Unité !

Les obsèques d’un célèbre rocker exilé fiscal ont un point commun avec les finales sportives : le mépris inter-classe. On connaît tous le mépris de classe, celui du grand-bourgeois ricanant à propos de la vulgarité populaire. On s’accommode pourtant des discours ou des sentences en cent quarante caractères transpirant l’aigreur de ne pas voir autant de monde à nos manifs.

S’il y a plus de participants aux funérailles de Djohnny que pour défendre le code du travail, c’est d’abord la faute des syndicats et orga de gauche qui sont pas assez convainquants, et puis merde.
Pourquoi se créer des barrières supplémentaires ? Entre beaufs et bobos, entre racailles et bouseux, intellos et prolos …

Faudra nous expliquer en quoi traiter les gens pascommenous de moutons, débiles ou gros beaufs est une bonne entrée en matière pour ensuite les encourager à nous rejoindre dans nos combats politiques et sociaux.

On en a déjà parlé et là, donc on s’attarde pas.

Chez les anarcho-droitiers, sous ton T-shirt avec un aigle américain, tu restes un camarade !




samedi 2 décembre 2017

L'Anticapitaliste Presse fête son 1000e article critique sur Mélenchon

par Jean-Paul

Chaude ambiance à l'imprimerie de Montreuil ce mercredi soir. Toute l'équipe de l'hebdomadaire du NPA s'est réunie pour fêter la parution du millième article expliquant pourquoi Jean-Luc Mélenchon se trompe.

« Ça fait chaud au cœur, nous confit un membre de la rédaction, c'est le fruit d'un travail constant et méticuleux ». Tandis que les bouteilles de Clairette circulent de groupe en groupe, notre interlocuteur poursuit : « En même temps, ce thème, c'est une sécurité pour nous. Chaque semaine on sait qu'on peut compter sur deux ou trois articles expliquant pourquoi le Front de Gauche, la FI ou Méluche ne sont pas de vrais révolutionnaires. On peut ainsi meubler les colonnes du journal ».

C'est aussi cet aspect réconfortant qui a séduit Cassiopée, militante du NPA descendue à l'imprimerie pour ''chercher des feuilles'' : « C'est vrai que quand on sort d'un CN où on a passé cinq heures à se pouiller la tête entre tendances, ça fait du bien de lire qu'on est plus intelligent que les insoumis. Ce thème c'est un peu notre doudou ».

Mais quel est le secret d'une telle constance ?

La soirée avançant, les langues se délient. Un vieux militant finit par se confier : « L'idée nous est venue par des camarades de la quatrième internationale d'Haïti. Là-bas ils pratiquent le Vaudou incantatoire. Tu désignes un ennemi et tu récites les malheurs qui vont lui arriver. Au début bien sûr on y croyait pas, mais vu qu'on avait rien à perdre, on a tenté le coup avec le Front de Gauche. Dès 2009 on a expliqué que ça marcherait jamais. Eh ben crois-moi, crois-moi pas, en 2016, ça c'est réalisé ! ».

Au détour d'une chenille, nous interceptons Cricri qui nous confirme cette version : « Bien sûr, on s'est débarrassé du folklore d'origine. On va pas égorger une poule noire chaque semaine, on a arrêté ça très vite. C'est pas très matérialiste, n'empêche, beaucoup de camarades y croient maintenant. Moi par exemple, ça va faire cinq ans que j'écris que les meeting du NPA sont des succès... je compte bien le voir se réaliser un jour ! »

Nous l’espérons avec eux.

jeudi 2 novembre 2017

Pour une éducation politique aux médias et à l'information 2/2

Comment faire, foutre dieu, pour être sûr de ne pas relayer une information issue d'un site de fachos, ne pas gober une théorie du complot ou perdre son temps à polémiquer avec des contacts naïvement confusionnistes ?

Nous n'avons bien sûr pas de recette miracle mais on peut apprend à lire des informations avec une gymnastique un tant soit peu rigoureuse. Quatre critères doivent être évalués pour tout article pioché au hasard des clics internet : pertinence, actualité, fiabilité et qualité.

Pertinence : l'article présente-t-il une vraie originalité ou défonce-t-il une porte ouverte ? Où l'auteur veut-il nous amener ? Quels sont ses conclusions ? Des faits observés par un site complotiste ou d'extrême-droite n'ont-ils pas des sources à gauche ? Si oui, pourquoi alors passer par un filtre d'extrême-droite ? Il ne faut pas se limiter à certains mots-clés marqués à gauche tels « anti-impérialisme » « peuple » « anticapitalisme » « anti-libéral »... On le voit avec le mot « élite » qui est désormais dénoncé par les « élites » elles-mêmes.

Actualité : il faut repérer l'âge de l'information. Ne pas confondre la date de création ou de la mise en ligne et la date de l'information. Pour les statistiques, les études sociologiques, la date est primordiale et périme assez vite.

Fiabilité, crédibilité : Une info sans auteur n'est pas recevable, point barre. Rappelons qu'un auteur peut être une personne physique, un groupe de personnes, une organisation ou une institution. Un site relayant une fausse information sans rectifier son erreur ultérieurement est un site à bannir. L'erreur est possible pour n'importe quel média, mais elle doit être corrigée. Dans le cas contraire, il s'agit au mieux d'une désinvolture, au pire d'une tentative délibérée de désinformer. La source dévoile-t-elle une information extraordinaire non relayée par la presse institutionnelle, même pas une petite dépêche AFP ? Ça peut arriver mais c'est peu probable.

Qualité : l'article est-il une étude étayée d'exemples, de témoignages ou est-ce un coup de gueule ? L'auteur décrit-il des faits ou exprime-t-il juste son opinion ? Fait-il dans le sensationnel ? Tente-t-il de culpabiliser les lecteurs ou de les mettre dans la confidence ? Est-ce un vocabulaire descriptif ou émotionnel ? L'orthaugraffe es 1 undikateur 2 sérieu ou pas du travail 2 l'oteur.

En plus de cette discipline individuelle, s'informer est aussi une démarche collective. Nous évoquions dans la première partie de cet article la perte du rôle de média des organisations politiques mais celles-ci peuvent encore servir d'intermédiaires entre info et militants. Des commissions peuvent élaborer des revues de presse et des bibliographies qui seront diffusées aux adhérents. La validation de l'information se fait ainsi de façon collective avec des grilles de lectures conformes aux valeurs communes d'une orga.

Ne jamais omettre non plus de faire un « point actualité » (locale, nationale, internationale) lors de chaque réunion. Les adhérents n'ont pas toujours l'occasion de traiter politiquement l'actualité en dehors de ces moments. C'est là qu'on peut discuter et débattre. Cela permet de s'accorder entre militants.

Ainsi une fois avoir accepter l'idée que la politique n'est ni un hobbies ni une compétition sportive, il est possible de s'affranchir des embrouilles décuplées par l'univers d'internet. En respectant quelques règles de lectures, chacun peut être autonome dans sa recherche d'information. Les organisations politiques ou syndicales deviennent prescriptrices de sources d'informations fiables. Ce n'est bien sûr pas une science exacte. Vous êtes seuls à décider si vous vous contentez de rumeurs et de médiocrité ou si vous construisez vos connaissances sur des références de qualité qui rendront ainsi votre travail militant plus crédible et reconnu.

Inutile de nous remercier.

Ps : voici quelques ressources pas dégueu pour se former : http://www.acrimed.org/-Education-aux-medias-


mardi 31 octobre 2017

Pour une éducation politique aux médias et à l'information 1/2

Jadis les organisations politiques diffusaient de l'information de façon verticale. L'Humanité était l'organe central du Parti Communiste Français, tout comme l'ensemble de la presse jusqu'à la moitié du XXe siècle était présentée comme des organes de partis politiques. Ajoutez à cela des maisons d'éditions et des intellectuels estampillés conformes aux lignes partisanes, l'information politique circulait sans problème à travers des canaux bien balisés.

On ne se serait d'ailleurs pas autorisé, à gauche, à aller piocher et citer des sources de l'autre extrême bord politique alors qu'on côtoyait des camarades anciens résistants ou anciens déportés. Mais ça c'était avant.

Aujourd'hui avec le numérique, internet et le web 2.0, l'information déborde tous les cadres et est omniprésente. Les cadres d'ailleurs, certains s'en passent : doit-on donner la parole à Asselineau dans nos médias ? Doit-on écouter Chouard ? Mr Mondialisation est-il fiable ? Etc... L'info politique ne se limite plus aux médias officiels des orgas, ce qui n'est pas nécessairement un mal. Qui pourrait se contenter de la fadeur d'un Anticapitaliste ou des nouvelles réchauffées de l'Huma ?

Il est donc devenu indispensable d'apprendre à développer son esprit critique, sa culture du doute et à détecter les manipulations pour devenir un militant responsable. 


Avant de présenter, dans une deuxième partie, des critères pour analyser la fiabilité d'une information (politique de surcroît), rappelons - encore une fois – un principe fondamental : Non il n'y a pas de bonnes idées partout et Non on ne discute pas avec tout le monde. L'inverse est peut-être vrai en musique, littérature ou cinéma mais la politique n'est pas une querelle d'esthètes, c'est un combat.

Distinguons discuter/ débattre/ combattre à l'aide d'un bête dictionnaire. Discuter signifie « échanger des idées sur tel ou tel sujet », or nous n'avons rien à échanger avec des ennemis de classe. De plus discuter vient du latin discutere qui veut dire « secouer » et les secousses que cela nous évoque traduit bien ce que nous pensons de « discuter ». Débattre évoque le fait de discuter de quelque chose en examinant tous les aspects, soit, on veut bien faire ça entre camarades. Enfin combattre évoque : 1 « faire la guerre à quelqu'un » ; 2 « s'opposer à quelqu'un quelque chose, s'élever contre ; 3 « œuvrer pour soutenir, défendre, une cause, un point de vue ».

Politiquement nous combattons.


La suite demain...

lundi 23 octobre 2017

2017

Une tasse de café à la main, Patrick retourne en claudiquant s’asseoir à son bureau. Tandis que son ordinateur charge ses mises à jour, le vieil homme rallume un cigarillo abonné hier soir dans le cendrier. C'est l'heure de sa veille informationnelle. Il consulte ses mails, lit les derniers commentaires de ses différents blogs, survole les nouvelles notifications des sites inscrits dans ses favoris.

C'est encore le dossier sur la Syrie qui occupe la plus grande partie de son activité. Quelques internautes lui donnent toujours du fil à retordre en postant sur sa page facebook des récits de réfugiers ou des liens vers Amnesty International, le tout accompagné d'insultes variées. Rien qui ne puisse le décourager, sa technique étant de noyer ces posts sous une pluie de commentaires longs comme le bras, mais cela va lui prendre du temps. Puis Patrick consulte le nombre de vues sur ses sites et le nombre de partages et de retweet de ses propos et le sourire lui revient.

Quel chemin parcouru depuis tout ce temps ! Sa quête d'un auditoire avait été longue. Il repense à ses premières années de militantisme. Sa main se porte inconsciemment sur son oreille déchirée lors d'une raclée reçue au début des années cinquante par des brutes qui se prétendaient communistes. Puis son regard s'arrête sur sa canne posée près de lui. Elle lui est nécessaire depuis que des gauchistes lui ont cassé un genou après 68. Ce sont eux les vrais nazis, d'ailleurs 80% des collabos venaient de la gauche. De nombreux sites ont d'ailleurs repris sa théorie, élaborée il y a quelques années par vengeance. Beau succès.

Mais le succès n'avait pas toujours été là. Après avoir été excommunié de tous les réseaux de gauche, il avait tenté sa chance à l'extrême-droite. Les militants de ce bord écoutaient avec intérêt ses théories. Cependant il n'était pas de taille dans les conflits d'égo avec les chefs de ces groupuscules. Les années 80 avaient été une traversée du désert pour lui. Il ne trouvait d'auditoire qu'auprès de tristes sectes millénaristes ou d'associations d'ufologues. Tous les médias étaient tenus par les francs-maçons ou les banquiers de la City. Il en était venu à imprimer lui-même ses tracts et journaux qu'il allait distribuer devant les sorties du métro, partageant l'espace avec les témoins de Jéhovah, les seuls qui toléraient sa présence. Les passants l'ignoraient, se moquaient de lui ou exprimaient une commisération humiliante. Patrick avait fait une tentative de suicide en 1993.

Puis internet était apparu. Patrick y avait d'abord vu l'intérêt de pouvoir s'exprimer sans être en face d'interlocuteurs. Il s'était pourtant vite rendu compte de la formidable caisse de résonance de ce nouvel outil. L'espace était alors vierge, libre d'être colonisé par les premiers venus et Patrick était de ceux-là. Il pouvait enfin s'épanouir. Il n'informait pas, il créait l'information. Son plus grand plaisir était de prendre des faits, de les déformer, les passer à travers divers prismes, les raccourcis ou les associer avec d'autres événements indépendants. Ses créations monstrueuses prenaient alors vie car elles étaient lues, partagées, commentées, complétées.

De Milosevic à Bachar-el-Assad, il reliait tous les combats contre l'Empire. Il dressait des passerelles plus que branlantes entre Sankara et Kabila, Che Guevarra et Pol Pot, Cuba et l'Iran...

Il se délectait alors de voir les militants s'écharper à propos de ses thèses. A travers des avatars neutres, il observait les divisions, le temps perdu par les uns et les autres à vérifier ses assertions, les débats se briser dans la cacophonie. Il voyait les plus naïfs sombrer dans une paranoïa délirante qui l'impressionnait lui-même.

Bien avant cet age d'or, des enfoirés comme Antoine, Jacques, Nico, l'Increvable, avaient disparu corps et âmes dans les naufrages successifs de leurs courants politiques. Patrick lui, se sentait immortel.

D'humeur enjouée, il ouvrit une nouvelle page de publication : « ce n'est pas parce que le président Poutine dit qu'il pleut, qu'il ne pleut pas... »


samedi 21 octobre 2017

1969

Nico peut être content de lui, la réunion s'annonce comme un succès. L'arrière-salle du bistrot se remplissait de camarades. Il salua les frères Castagnet qui entraient à l'instant. Appelés aussi les frères Tapedure, ils étaient le fer de lance du SO de l'Orga. Depuis deux ans, ils s'étaient taillés une réputation de casseurs de rotules chez les militants d'Occident. Ils allèrent s’asseoir sous un portrait de Che Guevarra.

Le public est homogène. Il est constitué de jeunes hommes et femmes, lycéens et surtout étudiants, à l'exception des deux invités. Le premier est une légende. Tous l'appelle « l'Increvable », car condamné à mort pendant la guerre, à la fois par les allemands et par les staliniens des maquis communistes, il était toujours là pour en parler. Le second apporte une double caution : ancien ouvrier et exclu du PC. Patrick commençait à se faire connaître dans la presse gauchiste grâce des articles bien documentés sur l'impérialiste américain. Pour le moment, il attend son tour de parler en fumant des gitanes.

Nico doit s'y reprendre plusieurs fois pour commencer la réunion. L'assemblée est joyeusement turbulente et l'arrivée de chaque nouveau retardataire est prétexte à plaisanter. Enfin le calme s'installe et Nico présentent ses deux invités en insistant sur leurs origines sociales et leurs parcours politiques. L'assistance est impressionnée.

« Le thème de la réunion de ce soir est quelles stratégies pour vaincre les impérialismes », conclut Nico, « je passe d'abord la parole au camarade Patrick qui va revenir sur les événements de Prague de l'année dernière. »

Patrick commence à dérouler son exposé. Il présente rapidement la Tchécoslovaquie et son histoire puis dévie sur l'histoire des pays limitrophes, évoque le rapport Khrouchtchev, revient au PC Tchèque puis fait un historique de la CIA, avant de citer une foule d'auteurs inconnus. L'auditoire, bien qu'habitué aux dialectiques alambiquées, commence à avoir du mal à suivre.

« Ainsi la vérité est sous vos yeux, camarades » poursuit Patrick, « le pseudo socialisme à visage humain n'était qu'une manipulation des services secrets américains pour percer une brèche dans les démocraties populaires... »

Les militants les plus indulgents ricanent, les autres commencent à gronder.

« D'où tiens-tu ces infos ? » demande l'un deux.

« Des spécialistes internationalement reconnus en ont apporté les preuves dans la Pravda dès l'été dernier. Des agents provocateurs ont reconnu leur rôle... »

Le public siffle, des insultes commencent à fuser. Nico ne sais pas comment intervenir, l'Increvable observe la scène mi-surpris mi-atterré.

Un étudiant des beaux-arts se lève et interpelle Patrick : « t'es en train d'expliquer une agression impérialiste du point de vue de l'organe de presse de l'agresseur ? t'as pas l'impression que ça pose problème ? »

Patrick reste stoïque : «  il faut savoir mettre de côté ses préjugés idéologiques. L'ennemi le plus dangereux actuellement c'est l'empire américain. Aussi il faut savoir discuter avec tout le monde. Ouvrez-les yeux, ce n'est pas parce que Brejnev dit qu'il pleut qu'il ne... »

Une jeune femme s'avance vers lui et lui jette le contenu de son verre au visage : « stalino-fasciste, ça c'est pour les Tchèques morts pour le socialisme ». La salle applaudit.

Patrick bat en retraite et quitte les lieux en s'exclamant :  « voilà une belle preuve de sectarisme, libre à vous de faire le jeu de la CIA ! »

Les frères Tapedure se sont levés et, tout en enfilant leurs gants plombés, ils interrogent du regard Nico. Celui-ci hausse les épaules mais ne s'oppose pas à ce qu'ils sortent à la poursuite de ce pauvre type.

à suivre...


mercredi 18 octobre 2017

1953

Le public entre tranquillement dans la salle. Au fond de celle-ci, un drapeau tricolore et un drapeau de l'Union soviétique dominent une estrade. Trois hommes y sont installés. Les deux premiers sont de jeunes quadragénaires observés avec déférences par les militants présents.

L'un se prénomme Antoine, sous-officier durant la Bataille de France, il n'a pas attendu les ordres du Parti pour entrer en résistance, il finira chef de maquis à la fin de la guerre. Bien qu'indocile, le Parti a encore besoin d'afficher des patriotes tels que lui. Aussi est-il surveillé par son voisin, Jacques, ancien commissaire politique en Espagne, fidèle collaborateur d'André Marty, avant de se retourner contre lui l'année précédente. Résistant, ses activités restent pourtant inconnues avant 1944. Ce sont deux héros du Parti, deux tueurs de fascistes.

Le troisième personnage tranche avec ses voisins de tribune. C'est un jeune homme d'à peine vingt ans qui tente de se donner une contenance en tordant la bouche et fronçant les sourcils pour imiter Jean Gabin. Il tire nerveusement sur une cigarette qui le fait tousser, probablement une de ses premières. Ce récent adhérent de l'Union de la jeunesse républicaine de France, l'UJRF, prénommé Patrick, a été repéré par Jacques. C'est un jeune ouvrier curieux suivant des cours du soir qui pourrait être formé et constituer, avec d'autres, une nouvelle génération de cadres intermédiaires du Parti. Ce qui permettrait de se séparer des derniers emmerdeurs comme Antoine.

Le meeting commence par une courte introduction d'Antoine, puis comme le rituel le veut dans ce genre de manifestation à cette époque, on fait monter sur l'estrade quelques enfants de fusillés que le public applaudit chaleureusement. Jacques lit ensuite le compte-rendu du Comité Central. Pendant ce temps Antoine salut deux retardataires, des anciens de son réseau, Albert et Michel, ouvriers boulangers et colleurs d'affiches pour le Parti. Les deux lui sourient et lèvent des poings lourds comme des boules de pétanques.

« Maintenant, laissez-moi vous présenter un jeune camarade de l'UJRF, conclut Jacques, il va nous faire un compte-rendu de la campagne de soutien aux peuples d'Indochine en lutte contre les capitalistes français. »

Patrick prend ses notes et commence son discours par un classique « salut fraternel de la jeunesse ouvrière de France aux travailleurs socialistes du monde entier et au Génial Continuateur de Marx Engels et Lénine,celui que nous aimons tous... » le public applaudit de façon automatique. Les deux cadres du Parti écoutent distraitement l'exposé, chacun perdu dans ses préoccupations du moment. Patrick s'égare dans des énumérations géographiques et historiques sans grand intérêt.

« - Si vous le permettez, je vais aborder ce conflit de manière peu conventionnelle, s'interrompt Patrick...

Les deux cadres haussent un demi-sourcil, c'est une formule convenue mais voyons quand même ce qu'il va raconter...

« … ce que je vais vous dire là, vous le trouverez pas dans la presse bourgeoise.. » les deux cadres se détendent, mais pour quelques secondes seulement, « les combattants du Viêt-Minh ne sont pas des libérateurs, encore moins des communistes. Ce sont des troupes de pillards composées d'anciens collabo des japonnais ou des membres des triades chinoises. Le peuple indochinois soutient son empereur Bao Daï et veut majoritairement rester dans une alliance française. Je tiens ces informations de sources sûres, ce sont des enquêtes minutieuses d'experts de l'extrême-orient rapportées par le journal Rivarol... »

Antoine et Jacques soupirent mais pour des raisons différentes. Jacques imagine d'avance les savons qu'il va devoir passer aux militants de l'UJRF pour cacher sa propre responsabilité dans le choix de ce guignol. Antoine désespère en constant que l'assistance ne bronche pas. Malgré quelques regards perplexes, tous restent disciplinés et attendent une réaction des chefs à la tribune.

Jacques finit par taper du point sur la table : « ça suffit petit con ! ! Comment oses-tu venir ici faire de la provocation en citant un torchon d'anciens collabo ?!

A ce signal le public siffle et crie enfin contre le jeune homme.

Patrick ne se démonte pas : « C'est pas parce que Tixier-Vignancour dit qu'il pleut qu'il ne pleut pas !».

« Fout-le camp de cette estrade, tu insultes tous nos camarades fusillés ! » reprend Jacques, hors de lui, « quant aux branleurs de l'UJRF qui ne sont pas capables de discerner un agent provocateur, je vous garanti qu'ils vont m'entendre !».

Devant l'hostilité croissante, Patrick s'est décidé à quitter la tribune et sort de la salle par une porte latérale. Tandis que Jacques ramène le calme dans l'assistance, Antoine fait signe à ses deux compagnons, Albert et Michel : le gosse ne va pas s'en sortir à si bon compte. Les deux armoires à glace ont compris le message et sortent à leur tour, des manches de pioches dissimulés sous leurs manteaux...
à suivre...


vendredi 13 octobre 2017

A toi qui découvre ce blog

résumé des saisons précédentes

Tu te trouves ici dans ce qui était la boîte de nuit politique d'un nouveau parti anticapitaliste dont nous tairons le nom. On se déhanchait idéologiquement en sirotant du banga arrangé au rhum et on se moquait des vieux. Notre cible était, et est toujours, les curés rouges, ces militants qui n'aiment pas les gens, qui ont oublié que pour faire adhérer il faut convaincre mais aussi séduire. Le folklore, les messes et les postures aristocratiques, qu'elles soient religieuses ou politiques, ne sont pas de notre goût.

Nous pratiquons le rire sardonique. Nous faisons les clowns pour sauver la gauche radicale du ridicule. Nous prenons également note de ce qui fonctionne et de ce que l’on doit éviter dans nos pratiques militantes. Parfois on jette un œil sur ce qui se passe ailleurs.

Peu à peu, les uns et les autres sont partis dans d'autres soirées. La boîte de nuit s'est transformée en salon feutré où l'on se gaussait toujours de quelques bons mots. S'y retrouvaient encore certains retours d'expériences pratiquées au contact de nouveaux publics de militants. Les sur-politisés nous avaient saoulé, les dépolitisés arrogants nous ont effaré et sont aussitôt devenus une nouvelle cible.

Quelque peu mégalomanes, les anarcho-droitiers se sont un temps mis en scène dans leurs billets. Puis des personnages ont été crées pour illustrer les archétypes de militants dénoncés. Il y a Jean-Paul, communiste révolutionnaire et prof de math à Charleville-Mézières ; Léandre, petit anarchiste casse-couille pour vieux ; Gros Bébert ex-punk devenu skinhead pour cause de calvitie précoce ; Patrick le conspirationniste ; Albert Bouchignard militant PCF depuis bientôt 35 ans etc... Mais cette névrose commence à laisser place à une psychose puisque maintenant on parle vraiment à nos personnages... qui nous répondent !

Agacé par le marasme de la gauche radicale, pas complètement convaincu (c'est un euphémisme) par le populisme de gauche, autant faire des choses qui nous plaisent. Écrire des articles qu'on aurait envie de lire en fait partie.

Hasta la victo... bon bref vous avez compris !


samedi 30 septembre 2017

Les pères fouettards

La violence c'est mal.

Jamais sur ce blog nous n'avons encouragé nos lecteurs à agir violemment. Et nous ne le ferons jamais, ouh là là non. Parce que comme disait Gandhi, ou Katy Perry on sait plus, la violence c'est l'argument des faibles.

Cependant...

On pourrait nous objecter que la société et le monde du travail sont déjà très violent. Le dernier Cash Investigation d’Élise Lucet « Travail ton univers impitoyable » a secoué plus d'un téléspectateur mais ne fait que confirmer ce que dénoncent syndicats, inspecteurs du travail, asso d'aide aux victimes de harcèlement et notre camps politique depuis...1848 environ. Le harcèlement moral, l'intimidation, les cadences infernales sont des modes de management somme toute classique dans le système capitaliste. Aussi certains pourraient être tenté de répondre à la violence par la violence.

Mais la violence c'est pas cool.

On pourrait nous dire aussi que ceux qui vivent par la terreur devraient finir dans la terreur. On nous raconte qu'il fut une époque où les exploités rendaient les coups. Les militants maos s''étaient spécialisés dans le « cassage de gueule » des contremaîtres. Le 17 juin 1969, les militants de la Gauche Prolétarienne débarquent ainsi par surprise à l'usine Renault-Flins. A deux cent, armés de barres de fer, ils défoncent quelques mâchoires et rotules aux petits chefaillons des ateliers1. Des opérations moins spectaculaires auront lieu tout au long des années 70, où les ancêtres des raclures que l'on entend dans le reportage de France 2, passeront de sales quart d'heures sur les parkings des entreprises, à un contre cinq ou dix.

La justification politique de ces actions était de montrer que ces gardes-chiourmes n'étaient pas invulnérables, que la peur devait changer de camps. Certainement que nombre d'employés brimés devaient avoir un sourire en coin lorsqu'ils apercevaient leurs tortionnaires boitant ou avec des coquards.

Mais la violence c'est pas Charlie.

Certains rétorqueraient qu'aujourd'hui avec les réseaux sociaux, il serait encore plus aisé d'intimider des petits chefs. Il se peut que beaucoup de ces roquets, si courageux à interdire à des caissières de s’asseoir pendant six heures, soient beaucoup moins téméraires entourés de cinq ou six individus masqués et menaçant. Une simple vidéo rendant compte de leur gueules effrayées postée sur la toile suffirait à leur faire perdre en autorité. Rajoutez à cela des slogans peint sur leurs maisons ou des pétards balancés dans leurs fenêtres, et ceux-ci partageraient avec leurs employés les joies de prendre des médicaments pour arriver à dormir.

Mais même ça, nous ne pouvons le cautionner, parce que ce n'est absolument pas power of love.


On vous a bien dit qu'on était contre la violence ?



1 Boursellier Christophe, Les maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, Plon 2008

lundi 25 septembre 2017

Retour sur la glorieuse contre-manifestation du 23 septembre menée par l’avant-garde autonome inter-luttes

par Léandre et Bertrand dit Gros Bébert

Nous profitons de cette nouvelle formule du courant anarcho-droitier pour expliquer notre vision des choses, qui, elle, est la bonne.

Le 23 septembre, lors de la marche contre le coup d’État social, le cortège de tête était bien là, comme prévu. Précisons d’emblée que nous n’avions aucune intention agressive ou belliqueuse, nous voulions juste être en tête de manif avec des slogans anti-Mélenchon et anti-insoumis, c’est tout.

Mettant en pratique le vieux slogan « la lutte oui, la fête aussi », nous avons partagé d’inoffensives cannettes de l’amitié. C’est donc dans une ambiance chaleureuse et bon enfant que nous avons traiter les militants insoumis de moutons.

Ayant appris au cours de la manifestation la tenue d’un meeting à l’arrivée sur la place de la République, le cortège fut bien décidé à foutre un joyeux bordel devant la scène. Là encore, nulle volonté de notre part d’être anti-démocratique ou dictatorial, on voulait juste empêcher l’autocrate Mélenchon de parler, joyeusement dans la bonne humeur. 

Les lecteur-trice-s seront donc consterné-e-s d’apprendre que le Service d’Ordre de la France Unsoumise, aidé de vigiles aux contrats précaires, nous ont empêché de monter sur la tribune. Seul le ton a réussi à monter, quelques coups sont partis. Léandre s’est fait déchirer sa doudoune noire G-Star toute neuve et Gros Bébert a perdu sa gourmette. N’hésitant pas à nous calomnier, un gros pédé du SO nous a même traité d’homophobes.

Évidemment, le récit médiatique ne colle pas exactement à ce qu’il s’est réellement passé. Mélenchon veut se faire passer pour le rassembleur de la contestation sociale mais il ne pourra jamais faire oublier les insultes qu’il a proféré à l’encontre du grand mouvement ultra-révolutionnaire indépendant. Inutile de nier ou de dire le contraire, car désigner certain-es militant-es hostiles à sa présence de « petit homme très malodorant et masqué » ou de « gosse de riche [...] déjà sévèrement aviné » est impardonnable car on s’est reconnu dans ces attaques.

Mélenchon ne sera jamais notre camarade. Lui et ses sbires ne savent que blablater sans arguments, rien dans leurs discours sur l’exploitation capitaliste, la baisse tendancielle du taux de profit, le véganisme, la déconstruction des genres, la lutte anti-gluten et bien d’autre encore…

Seule une lutte radicale et sans concession, autogérée par nous, pourra faire tomber ce monde réactionnaire et rétrograde.

Bref c’était une chouette manif, on s’est bien amusé.

dimanche 24 septembre 2017

Asselineau et le néant

En 2011, on était affligé par ces militants qui étouffaient toute initiative par leur catéchisme et leur folklore révolutionnaire. Aujourd'hui c'est l'inverse qui pourrait nous atterrer, signe peut-être qu'on vieillit. Désormais étaler sa dépolitisation est vue comme un signe de vertu, de pureté politique. Il n'y a plus d'ennemis, c'est trop sectaire, il n'y a que des adversaires dont on pourrait apprendre des choses. Et ceux qui penseraient encore en terme de lignes politiques, de camps, voir même -horreur - en terme d'organisations structurées, sont des vieux cons. Et les vieux cons en ressentent une douleur à l'entrejambe qui ne peux pas déjà être la prostate.

La tarte à la crème du « moi-je-parle-avec-tout-le-monde-parce-que-y-a-de-bonnes-idées-partout » a trouvé une nouvelle illustration avec cette Radio Insoumise qui invite cette vielle baudruche d'Asselineau.

Ce genre d'épisodes est une des raisons du retour du Courant Anarcho-droitier. La suite de ce billet est une synthèse des discussions entreprises sur différents réseaux sociaux au sujet de Radio Insoumise.

Traiter les nouveaux de « dépolitisés » c'est pas très très respectueux.
Quand on parle de dépolitisation on parle de cette idée reçue qu'il y aurait une égalité entre les idées et que l'on pourrait alors interagir de la même façon quelque soit l’interlocuteur qu'on a en face . Dans notre vieux modèle politique à nous, il y a des familles politiques qui ont une origine idéologique commune, il y a des camps qui ont les mêmes objectifs mais avec des stratégies différentes. On discute ensemble le plus souvent possible, voir on agit ensemble quand c'est possible. Et puis il y a les ennemis politiques, ils te boufferont si tu ne les bouffes pas avant. Ce n'est pas être sectaire que de dire cela, c'est une question de survie politique. Refuser de voir qu'il y a du conflit en politique c'est ça être dépolitisé.

Mais Asselineau il veut sortir de l'Europe, ça nous fait une position commune.
Sortir de l'Europe ? Pourquoi faire ? Asselineau veut abolir l'exploitation capitaliste ? Il va accueillir des réfugiers ? combattre les ligues d'extrêmes-droites ?

Mais on va le débunker. Il fera moins son malin après.
Honnêtement, un pépère qui prétend que l'Union Européenne est un projet des nazis réactivé par la CIA, y a besoin de deux heures pour le débunker ?

Mais si on convainc ses électeurs, ça fera peut-être la différence aux prochaines élections.
Au moment où il y a 50% du corps électoral qui s'abstient, on va chercher 0,92% d'électeurs. Autant commencer à  draguer les raéliens.

Si on a plus le droit de discuter avec tous ceux qui nous ressemblent pas, on avancera jamais.
Tu peux évidement (et même tu dois quand t'es militant) débattre avec ton pote, ton cousin raciste, ou un passant lors d'une distribution de tract avec lesquels, bien sûr, tu vas discuter, écouter ses arguments et ensuite exposer tes positions politiques de la façon plus respectueuse possible (en somme tu dragues). C'est tout à fait différent d'inviter sur ton terrain le représentant d'un courant d'idées ennemies des tiennes (et "ennemie" n'est pas un gros mot sectaire, c'est un état de fait concret, voir ci-dessous) pour lui permettre de développer son raisonnement, voir tenter de trouver des points de convergence. C'est alors un affaiblissement de tes positions.

Prenons un cas concret.
On a pas fait que des blogs depuis 2012. On a aussi fait de la radio, sur une chaîne locale. On parle politique en buvant des bières. On invite les syndicalistes, les militants politiques et associatifs du coin qui viennent nous parler de leur boulot. On raconte des conneries, on passe de la musique cool. La question s'est posée au sein de l'équipe d'animateurs : « et si on invitait des militants de droite ou des fachos pour débattre avec eux à l'antenne ? » Cela voulait dire d'abord que sur cinquante minutes tous les quinze jours dont nous disposions nous devions céder une part de ce rare capital temps à un ennemi politique. Ensuite on courait deux risques. Soit, avec le ton de l'émission, on pouvait tomber sur un malin qui se la joue aussi décontracté que nous et on finissait par rigoler ensemble en se chambrant gentiment en buvant des canons, on installait alors une connivence qui nous aurait décrédibilisé; soit on tombait sur un méchant qui connaissait à fond ses dossiers et qu'on aurait pas su contrecarrer et on passait pour des charlots, là encore perte de crédibilité. Donc on ne fait pas entrer d'ennemis politiques sur nos terrains.

Parler d'ennemis c'est vraiment agressif, moi j'ai que des adversaires (à part le FN)
Un adversaire c'est quelqu'un avec qui on fait la course, l'un des deux gagne et on se serre la main après. Un ennemi c'est quelqu'un dont le projet (politique) vise à détruire nos vies. On pas mal d'ennemis politiques.

Et puis eux, c'est pas la radio de la FI, c'est la radio "libre et indépendante" née du discord insoumis.
C'est vrai. La radio officielle s'appelle Les jours heureux. On attend donc leur avis, eux et les instances de la France Insoumise, avec gourmandise.
coïncidence? certainement pas...


vendredi 22 septembre 2017

Résurrection

Une chambre d’hôpital. Seul le bruit régulier d'un moniteur trouble le calme du lieu. Guillaume, anarcho-droitier historique, est allongé sur un lit, inconscient, branché à des tuyaux. Quatre personnages se tiennent devant lui.

Léandre : ça fait combien de temps qu'il est dans le coma ?

Jean-Paul : depuis septembre 2013.

Gros Bébert: qu'est-ce qui l'a foutu dans cet état ?

Patrick : on sait pas très bien, certains disent que c'est suite à une chute brutale... des visites sur son blog.

Jean-Paul : … ou un impact trop violent... avec la réalité du terrain.

Gros Bébert : on peut pas le laisser comme ça, surtout dans cette période !

Léandre : vous pensez à ce que je pense ?

Les trois autres en chœur : ouais !!!

Léandre : alors c'est parti !

Aussitôt, Jean-Paul jette un seau d'eau glacée au visage de Guillaume. Ce dernier sursaute et se redresse sur son lit. Gros Bébert ne lui laisse pas le temps de respirer et lui assène un terrible coup de batte de base-ball entre les jambes. Le choc le projette au sol. Patrick se jette alors sur lui et lui enroule le sommet du crâne de ruban aluminium.

Pendant ce temps, Léandre qui roulait un joint assis dans l’unique fauteuil de la pièce, s’interrompt, surprit.

Léandre : ah non ! en fait on pensait pas du tout la même chose.

Gros Bébert : c’est pas grave, depuis le temps qu’on rêvait de le défoncer.

Gros Bébert et Jean-Paul se shakent juste avant que ce dernier ne reçoive un stroboscope médical dans la figure. Guillaume, à nouveau conscient, se tient devant ses personnages, armé d'une potence de lit.

Guillaume : alors les curés rouges ? On veut encore tâter de la critique ironique et percutante ?

Les quatre andouilles restent un instant muet de stupéfaction, puis perdent toute raison. Ils crient de joie et de peur mélangées, s'arrachent des touffes de cheveux, pleurent, rient, se griffent le visage, se font tourner le joint, prennent de la ventoline, reprennent du joint. Tous parlent en même temps.

Guillaume en gueulant : du calme les aristo de gauche, j'comprend rien. On est en quelle année d'abord ?

Jean-Paul : cent ans après la révolution bolchév... PAF ! La potence médicale se fracasse contre son visage.

Guillaume : en 2017 si je traduis bien... bordel à queue ! Je dors depuis 2013 ! Voyons... qu'est-ce qui s'est passé ? … ah oui je me souviens, j'étais au NPA... on s'est embrouillé à cause des présidentielles... j'ai fait la campagne à Méluche... eh mais au fait c'est qui le président maintenant ? Hollande ? Valls? Juppé ?

Léandre : Macron

Guillaume : connaît pas ! Et Mélenchon il a fait combien cette fois ?

Patrick : 19,58%

Guillaume : dix neuf virgule... Nom de dieu de nom de dieu !!! J'vous l'avez dit que le Front de Gauche ça marcherait !

Jean-Paul se tenant la mâchoire : f'a exifte plus, f'est la Franfre Infoumize maintenant...

Guillaume : qu'est-ce qu'il raconte le moine-soldat ? Et le NPA ? Ils ont présenté qui à la place de Poutou cette fois-ci ?

Gros Bébert : bon ok c'était encore Poutou mais je t'arrête tout de suite, Guillaume ! De l'avis de tous, il a fait une super campagne. Tu l'aurais vu au débat télé, il a atomisé Le Pen et Fillon...

Guillaume : et concrètement ? Combien ?

Gros Bébert : ben euh... 1,09 %... c'est euh... presque aussi bien que la dernière fois...

Patrick : il a été battu par Jean Lassalle, je pense que cette info te plaira.

Guillaume : ce nom me dit quelque chose...

Patrick : c'est un monsieur qui porte un béret et qui a chanté Aqueros Mountagnos à l'Assemblée Nationale...

Guillaume :... et il a fait plus qu'un parti révolutionnaire constitué de militants infaillibles, en effet l'info me plaît, je la garde.

Un léger malaise plane dans la chambre. Léandre tente alors une diversion :

Léandre : et hum... sinon, maintenant que tu es de retour... tu... tu vas reprendre le courant anarcho-droitier ?

Guillaume : Bof...je me voyais plutôt monter un groupe de rock... pour draguer les filles c'est mieux qu'un obscure blog. Je sors de quatre ans de coma si vous voyez ce que je veux dire...

Gros Bébert : c'est pourtant pas les sujets qui manquent...

Guillaume qui ne l'écoute pas : ou un groupe de jazz manouche ? Ça dépend du public-cible que j'veux pécho...

Léandre, Gros Bébert et Jean-Paul se regardent, préoccupés.

Léandre : si j'ai bien saisi le principe de ton courant, il s'agissait – entre autre – de dénoncer les comportements individuels des militants propres à se couper des masses, comme le folklore, le langage hermétique, le moralisme etc … n'est-ce pas ?

Guillaume : mouais... en gros c'était ça !

Léandre : et ça, c'est pas un comportement propre à décourager les masses ?

Sur ce, il désigne Patrick en train de lire des articles d 'Arretsurinfo.ch sur son smartphone. Guillaume se penche au-dessus du Neuneu conspirationniste. Il fronce les sourcils puis arrache le portable à son propriétaire. Il consulte la page, remonte l'historique, clique sur des liens, se perd dans des commentaires facebook... les minutes passent...

Patrick : évite de troller mon profil insoumeetic, s'te plait, j'ai mis du temps à le créer !

Certaines publications plongent notre héros dans un état d’hébétement qui fait craindre au groupe une rechute dans le coma.

Léandre : alors ? Tu reviens ?

Guillaume tend une feuille au groupe

Guillaume : voici une liste de matériel dont j'ai besoin.

Les quatre camarades se penchent dessus et lisent à haute voix : un code wifi, une cafetière, un compte tweeter, un mortier M224 de 60 mm et … 12 kg de chouquettes !!! Putain Guillaume ! Où tu veux qu'on trouve 12 kg de chouquettes ?!!!

Guillaume : le matin faut que je mange ! Et au beurre les chouquettes ! Pour le courant anarcho-droitier, j'suis un peu rouillé mais on va voir ce qu'on peut faire...




jeudi 4 mai 2017

Communiqué du Courant Anarcho-droitier

Quelle semaine, chers camarades, quelle semaine ! L'hystérie militante semble avoir vaincu un nouveau sommet de l'irrationalité et de la médiocrité dépolitisée, macronistes et abstentionnistes se faisant la courte-échelle pour y parvenir ensemble.

De notre côté, on a l'impression d'avoir été réveillé d'un coup de seau d'eau glacée, suivi d'un coup de pied dans les roubignoles. On attrape donc le premier objet contondant à notre portée et on tape sur le premier pignouf qui passe.

Aussi avant d'en venir à l'actualité, rappelons en deux mots qui nous sommes et comment nous travaillons. Militants de gauche, nous pratiquons l'auto-critique des pratiques militantes de gauche. Nous dénonçons le folklore, les postures, les positions sectaires qui parasitent une activité militante saine en lien avec la réalité. Pour ce faire nous utilisons l'humour : on est drôle quand on est inspiré, narquois le reste du temps.

Nous n'inventons rien de ce que l'on dénonce. Nous observons la vie militante dans nos villes respectives, nous suivons des amis-facebook curés rouges ou noirs, nous parcourons des forums de la gauche radicale. Notre démarche n'est cependant pas scientifique, nous ne prétendrons pas le contraire, nous ne quantifions pas le nombre de conneries sectaires que l'on voit ou entend, nous sommes dans le témoignage.

Ce qui nous agaçait lors de notre époque au NPA était le snobisme militant, l'excès de théorie, le marxisme verbeux déconnecté du quotidien. En évoluant vers le Front de Gauche mais surtout vers la France Insoumise c'est l'inverse qui nous inquiète : le manque de culture politique, l'absence de recul historique, le confusionnisme politique, un anti-PS/anti-Hollande émotionnel complètement dépolitisé … les partages de publication sur notre page Facebook témoignent de cette évolution de nos préoccupations.

Ce qui nous amène à ce deuxième tour whatthefuckesque où les curés rouges et certains militants de la France Insoumise (que nous appellerons provisoirement les  « puceaux de la FI », en attendant de trouver un terme plus précis) se retrouvent. Nous prétendons que le choix de ne pas appeler à voter contre Le Pen n'est pas politique mais une posture.

Soit on ne vote pas en calculant que Le Pen ne passera pas, ce qui est hypocrite et égoïste. Le militant pourra ainsi continuer à faire la leçon en étalant sa virginité électorale: posture.

Soit on ne vote pas en considérant que l'extrême-droite et l'ultralibéralisme sont équivalent. C'est à la fois une erreur historique et une faute politique qui contribuent à banaliser l'extrême-droite. « Nous contre le reste du monde »: posture.

Soit on a conscience qu'on prend le risque de faire passer l'extrême-droite. On prend donc le risque de sacrifier ses organisations qui auront beaucoup de mal à justifier leur position passive d'entre-deux tours. On prend également le risque de sacrifier les populations les plus vulnérables à un pouvoir d'extrême-droite. C'est le sens d'une de nos publications. Beaucoup de camarades ont gueulé contre celle-ci, se sentant insultés, mais nous n'avons reçu aucune réponse politique qui pourrait démentir ce que nous affirmons, aucune ! Preuve que cette posture est gênante, même pour ceux qui la revendique.

On ne parlera pas ici des débiles profonds qui espèrent une victoire du FN en pensant que cela entraînera une révolution sociale, on leur réserve un article rien que pour eux.

Et nous on fait quoi dimanche ? 

Qu'y a-t-il de plus anarcho-droitier que de prendre un banquier pour taper sur une facho ? A la différence de militants qui semblent avoir intégré la défaite à chacune de leur démarche, nous pensons pouvoir avoir un impact sur le résultat (les électeurs de gauche, hein, pas le courant anarcho-droitier). Nous avons encore conscience qu'un mot d'ordre politique dépend d'une conjoncture et est éphémère.

Et puis, entre nous, ce n'est qu'un vote ! Depuis quand les révolutionnaires, les insoumis, les rebelles, fétichisent le système électoral bourgeois ? Nous, on est tellement anars qu'on va voter Macron !
 

samedi 22 octobre 2016

Pour une sécurité de gauche

Une terrasse de café en centre-ville. Léandre, petitanarchistecassecouillepourvieux, repose sa tasse de cappuccino vide et recommence à téter sa cigarette électronique. Trois ou quatre personnes sont attablées en sa compagnie. Comme Léandre leur coupe systématiquement la parole, de guerre lasse, celles-ci le laissent discourir, hochant la tête de temps à autre, afin de lui laisser croire qu'elles l'écoutent.

Léandre : … Nan c'est vrai que cette histoire de policier découpé à la tronçonneuse peut choquer la frange de population dépolitisée et lobotomisée par TF1 mais n'oublions pas qu'au delà de l'individu se cache une institution sécuritaire dévouée à réprimer toutes les révoltes populaires. La violence est le résultat du chômage et de la disparition des services publics, donc ce n'est pas en donnant plus de moyens à la police comme le réclament les policiers grévistes, qui sont de toute évidence manipulés par l'extrême-droite, que cela résoudra les problèmes.

Il s'interrompt quelques secondes pour retweeter un article de Révolution Permanente sur son smartphone.

Léandre reprenant : ça m'énerve ces flics qui manifestent cagoulés et qui sont même pas réprimés alors que nous, la dernière fois, on s'est pris plein de gaz qui pique les yeux...

Une des convives, perdant patience s'exclame : Mais tu proposes quoi toi pour lutter contre l'insécurité ? Aussitôt elle regrette sa question. Elle cherche à détourner son regard mais il est déjà trop tard, notre aristocrate de gauche embraye.

Léandre : Il faut plus de social et moins de pénal ! Il faut faire de la pé-da-go-gie. Nous avons besoin de plus d'éducateurs, d'enseignants. « Quand vous ouvrez une école, vous fermez une prison » disait Victor Hugo ou Lénine, je sais plus... au lieu de ça, l’État continue sa mutation fasciste avec l'état d'urgence et ses politiques sécuritaires. La preuve : moi-même j'ai perdu trois point sur mon permis, tout ça parce que j'avais dépassé la limite de vitesse de seulement …

Soudain une camionnette freine brusquement devant la terrasse, deux hommes en noir en jaillissent, ceinturent Léandre et le jettent à l’intérieur du véhicule. Ils remontent aussitôt et le camion redémarre en trombe. Tout s'est passé en quelques secondes. Les amis du casse-couille marxiste sont tout d'abord estomaqués, puis ils poussent des soupirs de soulagement, s'allument des cigarettes et commandent des pressions. Pendant ce temps, dans la camionnette :

Léandre : Enculés de fascistes, relâchez-moi tout de suite, je ne parlerai jamais... Oups ! J'ai dit une insulte homophobe, pardon je retire !

Le premier homme en noir : Pardonnez-nous cette démarche un peu brusque, je suis l'agent G et voici l'agent R, ''camarade'' Léandre, nous avons besoin de vous !

Léandre : Qui ça nous ?

L'agent R : La France, ''camarade'', et la sécurité intérieure !

Léandre : Vous êtes du gouvernement ? Et qu'est-ce je... quoi où ?

L'agent G : On est pressés donc on va vous briffer rapidement. En ce moment même, un groupe de terroristes armés jusqu'aux dents, les Trépanneurs du Prophète, retiennent en otage cent-trente personnes à l'autre bout de la ville. Vous devez intervenir !

Léandre : Vous avez dû me confondre avec quelqu'un d'autre, moi je suis vacataire en Arts Plastiques au collège des Mimosas...

L'agent R : C'est bien vous qu'il nous faut. Entre les sous-effectifs dans la police, les arrêts maladies et les agents grévistes, on a plus personne à mettre sur l'affaire. Le Président a donc décidé de tester vos méthodes à vous, l'extrême-gauche, on a lu vos commentaires sur les réseaux sociaux, vous êtes un spécialiste !

Léandre : QUOI ! Mais quelles méthodes ? J'ai arrêté le judo en cinquième parce que je faisait de l'asthme !

L'agent G : La pé-da-go-gie Léandre ! Puisque le tout sécuritaire ne marche pas, vous allez nous faire une démonstration de pédagogie. Voici votre paquetage : on vous a mis des crayons de couleurs, un cahier à spirales, des bouquins de Françoise Dolto et l'anthologie des poèmes surréalistes. Tachez de savoir d'où ils viennent, le Président est prêt à rouvrir un ou deux bureaux de poste dans leurs quartiers.

L'agent R : On est sur place ! Faut y aller maintenant GO GO GO ! L'agent G projette Léandre hors du véhicule.

Léandre, s'avançant les mains en l'air vers un bâtiment barricadé : Euh camarade djihadiste... sous ton prolétaire il y a un uniforme... non merde c'est l'inverse... sous ta cagoule il y a un prol... La suite est masquée par des détonations d'armes automatiques...

….......................................................... 

Nous pourrions êtres découragés devant l'incapacité de notre camp politique à penser les questions de sécurité au-delà du sempiternel sermon soixante-huitard « gnagnagna la pédagogie parce que CRS=SS ». Il ne serait même pas question d'espérer que des militants de gauche se mettent à la place de fonctionnaires de police, mais ne serait-ce qu'imaginer la mentalité d'une population réclamant un peu de sécurité dans ses quartiers, sur ses routes, ceci semble au-dessus des capacités d'un révolutionnaire... Et puis nous avons trouvé l'article suivant, c'est intelligent, c'est réfléchi, c'est une pensée construite autour de ce que pourrait être une sécurité de gauche, comme quoi il ne faut jamais désespérer :


Acab or not acab ?


mercredi 28 septembre 2016

Qu'est-ce qu'on était cons !


par GH


La parution du livre La Fachosphère et sa couverture médiatique ont déclenché chez moi un désagréable flasback me renvoyant à mes premières années militantes. L'enquête des journalistes de Libé et des Inrock, sous-titrée « Comment l'extrême-droite remporte la bataille du net » me rappelle comment moi et les autres militants des groupes gauchistes que je fréquentait à la fin des années 1990/ début 2000, avons abordé à la fois internet et l'extrême-droite. Connaissant l'évolution politique de ces vingt dernières années, j'ai comme un goût aigre et franchement caca-beurk qui me reste dans la gorge.

Certes je ne regrette pas mes engagements de l'époque. A partir de 18 ans, et durant les dix années qui ont suivies, j'ai traversé un univers passionné, furieux et riche, taré pour le meilleur comme pour le pire. Mais qu'est-ce qu'on était cons !

Notre conception du militantisme s'inspirait des récits des générations précédentes et de la littérature s'y rapportant. Nous fantasmions pêle-mêle les communards de 1870, les bolchéviks de 1917, la guerre d'Espagne, l'age d'or du PCF municipal et les groupes gauchistes des années 1960-70... autant dire qu'internet n'entrait pas dans notre schéma de pensée.

Nous prétendions être des « militants de terrain ». Distribuer des tracts tôt le matin (pour montrer notre vaillance au travail), tenir des stands ou des permanences en journée (où on ne foutait pas grand chose) et coller des affiches la nuit en mode commando (sur les campus où on ne risquait rien), tel était notre ''terrain''. Ceux qui adoptaient cet emploi du temps en y ajoutant de temps à autre des postures de tribuns d'amphithéâtres étudiants, ceux-là avaient le droit au grade aristocratique de « vrais militants » ou « militants de terrain ». A l'opposé, il y avait d'une part « les bureaucrates », qui faisaient finalement le même travail que nous, mais dans des orga plus étoffées et surtout plus modérées et d'autre part « ceux qui militaient sur internet ». « Celui-ci, il milite sur internet » était une sentence déclamée avec le plus grand mépris et la plus grande condescendance dont nous étions capable. Puisqu'internet était du « virtuel », aucun travail militant digne de ce nom ne pouvait à nos yeux avoir un quelconque impact sur « le terrain ». Qu'est-ce qu'on était cons !

Alors que le Front National a été le premier parti politique à avoir son site internet, dès 1996, comme le racontent les auteurs de La Fachosphère, au début des années 2000, nous éditions encore des fanzines sur papier. Objets généralement bien écrit et joliment mis en page avec toute l'adresse et la foi du petit artisan, nous en étions très fiers... et nous les imprimions à deux cent exemplaires. Et lorsque, enfin, nous avons créé des pages web... c'était uniquement pour être un support publicitaire pour nos fanzines.

« Nous n'avons rien à craindre d'eux -en parlant de groupuscules facho- ils se sont réfugiés sur internet » est une phrase que j'ai certainement prononcée à cette époque. De toute façon, les fachos on ne les croisait pas et on ne les combattait pas. Nous étions bien trop occupés à nous affronter entre groupuscules gauchistes ou à harceler les organisations dites « sociale-traîtres ». Si certains bureaucrates méritaient effectivement de se faire mettre le nez dans leurs magouilles, nous ne faisions aucun discernement dans leurs rangs. Combien de jeunes sincèrement de gauche qui, pour avoir voulu un jour rendre service en distribuant un tract des MJS ou de l'Unef, avons-nous définitivement écœuré de la politique en les traitant comme des moins que rien ? Nous urinions sur leurs locaux, nous y balancions à l'intérieur du melon pourri (et même une fois un crâne de chèvre). Quels résultats espérions-nous ? Combien également de jeunes de notre bord, qui ne partageaient pas nos délires, se sont éclipsés sur la pointe des pieds ? « Ce ne sont pas des militants de terrain » décrétions-nous. Qu'est-ce qu'on était cons !

Néanmoins, petit à petit, certains d'entre nous ont commencé à prendre conscience de l'inefficacité de nos comportements et du vide sidéral de nos folklores. Un soir de concert, tandis que nous pogotions le poing levé en beuglant des slogans en espagnol pour faire la démonstration à la fois de notre antifascisme et de notre virilité, un militant plus lucide que les autres s'est exclamé près de moi : « Et pendant ce temps-là, Unité Radicale organise des camps d'entraînement !»

Avec le développement des réseaux sociaux, nous avons été de plus en plus surpris de voir des proches ou des sympathisants partager en toute bonne foi des publications d'extrême-droite. La gueule de bois a été complète et sévère lorsque nous sommes allés nous-mêmes voir les vidéos postées par la fachosphère et que nous avons découvert le nombre hallucinant de vues. Nous perdions la bataille des idées depuis des années et on s'en rendait compte seulement maintenant. Qu'est-ce qu'on avait été cons !

Depuis, on se réorganise, nous changeons nos pratiques et notre vocabulaire. On s'ouvre à d'autres courants politiques, on s'est fâché avec d’indécrottables curés rouges, on tâtonne, on copie, on expérimente... Ce qui me désole, c'est que beaucoup de militants de gauche continuent à se complaire dans ces traditions débiles et préfèrent se foutre sur la gueule avec leurs voisins politiques ou la tendance d'à côté, plutôt que de trouver des solutions pour combattre nos vrais ennemis. Leur utilisation d'internet se résume alors à des polémiques sans fin, compréhensible seulement par eux. C'est un flagrant aveu de leur impuissance à peser sur le réel. Le pire, c'est que beaucoup n'ont même plus l'excuse de l'inconsciente jeunesse.

Qu'est-ce qu'ils sont cons ! 


un futur anarcho-droitier est à droite sur cette photo (évidement)