dimanche 13 mai 2018

Va ranger ta chambre p'tit con !

Et c'est valable pour toi aussi branleuse !

Les facs sont évacuées par les flics les unes après les autres. La phase suivante, pour les présidents d'université est de montrer aux médias dans quel état déplorable les étudiants et les étudiantes ont laissé les lieux afin de décrédibiliser leur lutte. En découvrant le souk que ça peut être à Tolbiac ou au Mirail, on peut dire que la manœuvre leur est souvent facilité.

Alors oui, les dégâts chiffrés sont très certainement exagérés par les présidences soucieuses de se poser en victime ; alors oui, les CRS ont certainement pas mis les patins avant d'entrer dans les amphis ; alors oui le départ précipité des étudiants ne leur a pas permis de terminer le ménage ; mais quand même... c'est-quoi-ce-putain-de-boxon dans les facs ?

On ne voit jamais d'usine occupée transformée en déchetterie par leurs propres ouvriers en lutte, peut-être parce que ceux-ci ont terminé leur crise d'adolescence. Pour leur défense, les étudiants expliquent qu'ils ont « bien redécorés les murs de peintures de textes et d'illustrations »... Alors, les grugrus regardez bien les images ci-dessous : à gauche voici un mur redécoré, et ça a de la gueule en effet ; à droite voici un mur salopé. Prenez tout le temps qu'il vous faudra pour bien saisir les nuances. 


Pourquoi donc donner des arguments au camp d'en face ? On sait pertinemment que la moindre canette abandonnée, le moindre graffiti sera exploité pour dévaloriser la lutte des étudiants et occulter leurs revendications au profit d'une condamnation larmoyante des « dégradations ». Qu'est-ce que c'est que cette définition d'une fac ouverte où on peut chier sur les murs ? Où des branleurs qui vivent chez papa-maman trouvent enfin un lieu pour s'arsouiller la gueule ?

Ça parle charge mentale et déconstruction des genres et c'est pas foutu de passer la serpillière ? On nous rétorquera que c'est la liberté de chacun, que le désordre c'est la vie, qu'on est pas dans une caserne, etc... bullshit ! Le problème est similaire aux blacks blocs. Ceux-ci s'incrustent dans une manif pour imposer leurs méthodes de lutte et en excluent de fait ceux qui ne veulent pas les assumer, notamment les familles. Quelques phacochères s'incrustent dans les facs, imposent leurs mode de vie et en excluent les étudiants et étudiantes qui n'ont pas envie de vivre dans la crasse et avoir à gérer des poivrots. Alors qu'il serait aussi simple pour les premiers d'aller péter des vitrines à l'opposé des manifs, et pour les seconds d'aller squatter un entrepôt ou des bureaux vides.

Quels sont nos conseils ?

Il se trouve que l'auteur de ces lignes a participé jadis à l'occupation d'une fac de province, lors de la glorieuse lutte contre le CPE en 2006. Après une semaine de picoles, de dégradations et de vols, l'assemblée générale étudiante vota l'interdiction pure et simple de toute consommation d'alcools et de drogues à l’intérieur de l'université. Même la loi Evin sur le tabac devait être respectée, on fumait à l’extérieur des bâtiments. Punks à chiens, clodos et personnes instables psychologiquement n'étaient pas acceptés. Certains ont chouiné que la fac devait être ouverte à tous et que c'est plus sympa de discuter avec une bière et un p'tit pétard. Si le règlement les démotivait, c'est que ce n'était pas les militants les plus intéressants (et les plus motivés).

Eh ben vous savez quoi ? On ne passait pas pour des guignols même auprès de nos adversaires, et la fac fut une de celles occupées le plus longtemps (six semaines d'affilé). Ne pas avoir de gens bourrés à gérer tous les soirs, c'est vachement reposant et ça laisse du temps pour faire du ménage. Et le ménage aide à l'introspection, essayez vous verrez. Une heure de ménage vous procurera une dose d'endorphine similaire à une activité sportive, vous offrant une sensation de bien-être voir même d'euphorie. Ceci vous mettra dans d'excellentes conditions pour élaborer plans de mobilisations, discours et argumentaires en faveur de vos luttes.

Ainsi une fac occupée et ouverte n'est pas nécessairement synonyme de vie bordélique. Un étudiant choqué par les dégradations n'est pas nécessairement un affreux réactionnaire. Aussi, on prend soin de son lieu de travail et on l'entretien durant tout le temps où on en a la responsabilité, c'est à dire durant les occupations. Il n'est pas interdit bien sûr de faire la fête et de se déchirer la tête si on en a envie, mais dans ce cas, on rentre chez soi pour le faire, et on revient une fois qu'on a décuité et qu'on a pris une douche. Chacun doit se sentir à l'aise et se reconnaître dans la mobilisation. L'objectif, en manif comme en occupation, n'est-il pas de rassembler le plus de monde possible et de ne pas offrir de failles à nos adversaires ? Ainsi se gagne la bataille de l'opinion.

Alors au boulot et n'oubliez pas les chiottes.


samedi 5 mai 2018

Le système capitaliste profondément ébranlé après la destruction de la vitrine du McDo de Paris Austerlitz.

Vent de panique dans les milieux d'affaires du monde entier. La redoutable attaque des Blacks Blocks contre l'un des symboles de l'exploitation capitaliste et de la mal-bouffe a fait l'effet d'une bombe thermonucléaire. Bourgeoisies et gouvernements semblent tétanisés par cette vague révolutionnaire.

Le Palais de l’Élysée a des allures de Versailles au lendemain de la fuite de Varennes. Le président Macron a en effet préféré mettre le plus de distance possible entre lui et les forces rebelles, telle est la seule explication plausible à sa présence en Australie. « Si ça suffit pas, il nous reste notre base en Terre Adélie » nous confiait en ricanant nerveusement une source anonyme.

Même inquiétude parmi le grand patronat. M B..... chef d'entreprise et membre du Medef tentait d'oublier dans l'alcool l'écroulement de son monde. « Un concessionnaire Renault attaqué, vous imaginez ?! » s'indignait-il en descendant une nouvelle coupe de champagne. « Ça commence comme ça et ça finit avec les chars vénézuéliens qui remontent les Champs Élysées, bou là là j'ai peur !»

Comment les Blacks Blocks vivent-ils leur vie de combattants de la Liberté ? Nous avons retrouvé deux de ces valeureux guérilleros des temps modernes en train de reprendre des forces attablés dans un KFC. Léandre et Gros Bébert faisaient partie de la première vague d'assaut, celle qui neutralisa un guichet automatique boulevard Saint-Marcel.

« Faut faire vachement gaffe au début – nous explique Gros Bébert – comme la vitre est encore solide, les pavés risquent de rebondir dessus et on peut se les prendre dans la gueule, plus d'un bleu-bite s'est fait avoir comme ça, c'est chaud ! »

« Faut pas partir non plus la fleur au fusil – conseille Léandre- la guérilla urbaine ça demande une préparation physique et un minimum d'équipement. Combien de camarades ont dû abandonner le champs de bataille parce qu'ils avaient oublié leur ventoline ! »

L'un comme l'autre récuse tout effet de mode.

« Ça fait très longtemps que je suis engagé dans les luttes radicales, nous raconte Léandre. Déjà au lycée je gravais sur les tables des A cerclés et des gros zizis. Je m'étais d'ailleurs fait coller par Madame Chombier, la CPE. J'avais dû décoller tous les chewing-gums sous les chaises. C'est là que j'ai pris conscience de la violence de la répression des institutions bourgeoises. Plus tard j'ai longuement étudié la fiche Wikipédia sur la Guerre Populaire Permanente de Mao, j'ai politisé ma colère... »

« Moi j'ai commencé à me battre dans les tribunes entre supporters de foot, se souvient pour sa part Gros Bébert. Cette adrénaline qu'est-ce que c'était bon ! Et puis, allez savoir, j'ai dû vieillir. Finalement les coups de tonfa, maniés par des professionnels, ça fait mal mais c'est moins dangereux qu'une barre de fer ou un tesson de bouteille manié par un type bourré. »

Tous deux réfutent également l'idée de parasiter les mouvements sociaux.

« On est sur deux stratégies différentes, il faut se garder de tout jugement de valeur. Les syndicats c'est juste des gros mous qui cassent les luttes explique Léandre mais nous on est solidaires des autres... là... les routiers. On voulait pas masquer leurs revendications, on voulait juste que les médias parlent de nous en priorité »

« Après faut pas nous emmerder précise Gros Bébert, y a un mec de la CGT qui m'a traité de facho violent, ça m'a trop vexé, j'lui ai collé une tarte. Plus tard, vu que j'y voyais pas grand chose avec mes lunettes de ski, c'était plus facile de viser les syndicalistes avec leurs chasubles rouges ou fluo... c'est vrai que je me suis fait plaisir...


Ces récits sont captivants mais seront bientôt de l'histoire ancienne. Encore quelques abris-bus à détruire et le modèle de domination capitaliste sera irrémédiablement mis à terre.

black block

dimanche 29 avril 2018

Attention aux courants d'air

Ding-Dong !

Flanders : Voili-voilà... ah ! Monsieur Van Houten entrez je vous prie.

Van Houten : merci... mais dites-moi c'est très mignon chez vous, je ne pensais pas que des gens de gauche étaient aussi ordonnés.

Flanders : nous ne sommes pas tous des punks à chiens comme peut le dire votre présidente.

Van Houten : allons allons, vous savez bien que ce n'est que de l'invective politique... je vous ai apporté des bonbons... il fait un clin d’œil...les fleurs c'est périssable.

Flanders : et il cite le Grand Jacques Brel ! Nous voilà un point commun.

[TWEET voilà un point commun entre nos deux formations]

Van Houten : peut-être en trouverons-nous d'autres d'ici la fin du débat ?

Flanders : Ne croyez pas que nous serons indulgents même si vous êtes notre invité. Nous allons démonter sans concessions vos arguments. Après Asselineau sur la Radio Insoumise et Marianne Duranno dans Le Média, c'est à votre tour de passer dans Le Blog Mutin...

Van Houten s'installant dans un canapé sans y avoir été invité : ouais ouais ! Mais dites, j'espère que ça ne vous a pas causé d'embêtements ce ''débat contradictoire''.

Flanders : pensez donc ! Comme je dis toujours, il vaut mieux débattre qu'exclure. Et puis vous êtes le seul invité de ce bord pour cinq chroniqueurs de gauche, alors hein bon quoi voilà...

Gros Bébert : quatre chroniqueurs, moi j'me casse ! On peut pas se faire péter la gueule dans un amphi de Montpellier et ''débattre'' entre esthètes quinze jours plus tard... Vous avez beau rester majoritaire, quand y a une merde sur un tapis, y a plus de tissus que de matière fécale mais c'est l'étron qui retient notre attention ! No Pasaran ! Il sort et croise Léandre accompagné d'un autre individu.

Léandre : Salut la compagnie !

L'individu : Salut bande de kouffars !

Flanders : Léandre ? Qui est ce monsieur ?

Léandre : ben j'fais comme toi, j'invite des gens avec qui j'suis pas d'accord sur tout, pour le débat, l'ouverture, tout ça, donc voici Kermit Abou Teldja

Kermit : et naturellement rien dans votre ordre du jour sur l'impérialisme gay ! Ça c'est bien l'extrême-gauche blanche obsédée par son lexique anticapitaliste !

Flanders : Que... qu'est-ce à dire ?

Kermit : mais enfin ouvrez-les yeux ! C'est évidement que l'Occident tente d'importer son idéologie homosexuelle pour transformer nos fiers mâles indigènes montés comme des poneys en artisans coiffeurs.

Van Houten : j'aime bien cette idée d'Occident décadent !

[TWEET discussion très intéressante sur l'impérialisme gay]

Kermit : allez les toubabs on se détend ! Il se dirige vers la chaîne hi-fi et y branche sa clé USB. Une musique retentit bientôt

« Shoananas ! Sho Sho Sho ananas.. ! »

[TWEET chaude ambiance sur le blog #humour]

Flanders : alors je ne comptais pas faire le censeur mais là ça va trop... il est interrompu par l'arrivée d'une autre personne

Krystel : Krystel avec un K !Moi j'suis désolée mais si les deux gugusses ont le droit à la parole, moi aussi j'exige un droit de réponse ! Regardez-moi cet aréopage patriarcal ! Pour commencer, moi j'crois que le plus urgent c'est de continuer ce débat en écriture inclusive et bilingue, sinon moi j'me casse !

Flanders : bah, au départ on vous avait pas invité mais bon, puisque vous êtes là... c'est quoi ce bruit dans le couloir ?

Léandre : c'est les voisins et Gros Bébert qui font une manif anti-fa. Ils disent que ça pue ici.

Flanders : mais... ils sont pénibles...

[TWEET Les anti-fa sont pénibles, ils gênent la bonne tenue des débats démocratiques]
[TWEET Les fascistes d'aujourd'hui seront les antifascistes de demain #churchill #ouvrezlesyeux]

Flanders : mais... Patrick ? C'est toi qui tweete toutes ces conneries ?

Patrick : ben quoi ? Tu m'as dis de faire des comptes-rendus. On a vachement de succès !

Les gens continuent à entrer. Un brouhaha couvre le moindre ''débat'' :

- y sont vegans les bonbons ? 
- oui mais attention y a des morceaux de gluten dans la bière...
- toi avec ta moustache qui sent la bite tu dois être un agent de l'homo-racialisme...
- salut ! C'est ici le squat des punks à chiens ? Couché Anarkia !
- Tarik Ramadan est un prisonnier politique... 
- E que s'appelerio Quezac
- Bonjour ! Vous connaissez l'UPR ?
- Nous on nous a dit que c'était une soirée déguisée...
- Vous pouvez m'indiquer où sont les toilettes sèches transgenres ?
- Qui n'a pas signé la pétition contre le 80 km/h ?
- et les vaccins ? On en parle des vaccins ?
- Poutine ça c'est un mec qui me fait bander !
- un peu de silence s'il vous plaît ! y en a qui réécrivent la constitution ici !
- si les cheminots mangeaient moins de viande, on en serait pas là...
- mais arrêtez de tout mélanger !
- Non toi arrête de m'oppresser !

Sur le balcon, Guillaume et Léandre sont sortis fumer :

Léandre : on t'a pas entendu. Ça t'inspire une conclusion ?

Guillaume : ben là comme ça je dirais... qu'à trop ouvrir, faut faire attention aux courants d'air.

Léandre : tu peux me repasser ton feu s'te plaît ?


lundi 19 mars 2018

Les petites victoires : savoir fermer sa gueule (2ème partie)

par Guillaume

Le deuxième souvenir se passe un an plus tard et est assez similaire au premier. J'ai changé d'établissement scolaire. Je bosse dans un lycée général et mon emploi du temps me confère la surveillance de l'internat la nuit du vendredi. Ça nous bouffe notre début de week-end mais c'est tranquille car il reste peu d'élèves. Je sors généralement le jeudi soir, je me couche vers 4-5 heures du matin, et me réveille à 14h. Ainsi quand j'embauche à 18h, je fais mon premier repas de la journée au réfectoire.

Je mange avec deux collègues surveillantes. Ce sont des Best Friends Forever. Cela fait des années qu'elles sont en poste dans ce bahut. Elles se sont autoproclamées depuis longtemps cheffes adjointes de la vie scolaire. Elles clament à qui veut l'entendre qu'elles sont rebelles et contestataires mais elles n'ont jamais fait un seul jour de grève.

Nous sommes vers la fin mai 2002. Le mois qui vient de s'écouler a été bien chargé politiquement. BFF 1 s'adresse à BFF 2, faisant comme si je n'étais pas là :

- fallait pas être très très malin pour pas voter Chirac au deuxième tour !

- oh oui alors ! T'imagine si l'extrême-droite avait gagné ? Ce serait la dictature maintenant !

Elles savent ce que j'ai fait et dit pendant deux semaines sur le campus. Je ne les ai pourtant pas vu en AG. Avec mon syndicat de gauchistes, on y a défendu la ligne que peu importe ce qu'on votera au deuxième tour, les idées racistes se combattent qu'elles viennent du FN ou du PS...  mais que pour notre part, fallait pas nous chercher dans un bureau de vote au deuxième tour des présidentielles.

Les deux pépettes continuent de tendre des perches grossières : « Il faut savoir mettre ses étiquettes politiques de côté pour sauver la démocratie, et puis Chirac il a fait des trucs bien aussi quand on y pense... ». Elles attendent que j'intervienne pour me faire la morale, pour me prouver par a+b que c'est bien la preuve que les extrêmes se rejoignent etc...

Là encore à quoi bon lutter ? Pas de témoins à convaincre, les enjeux sont passés, mes collègues ne veulent pas échanger, elles veulent m'enfoncer. Là encore j'esquive, je souris poliment en hochant la tête et je reprend une troisième fois des bolognaises pour caler ma fringale post-cuite.

Elles savaient que je savais qu'elles savaient et elles comprirent par mes silences que j'avais compris. Elles saisirent que je me foutais d'elles. Victoire sans prononcer un mot !

Un curé rouge critiquerait sans doute mon comportement, disant que chaque occasion doit être saisie de défendre LA Cause, qu'il en va de notre crédibilité, qu'il faut battre le fer tant qu'il est chaud … Pourtant, dans les deux cas présentés, je m'imaginais tel le général Koutouzov reculant stratégiquement devant l'avancée des troupes napoléoniennes. Pourquoi se fatiguer à polémiquer avec un militant d'en face alors que celui-ci peut s'avouer vaincu tout seul ?

Bien sûr qu'ouvrir sa gueule fait partie des missions que se donnent les militants, on en a parlé ici-même il y a fort longtemps. Encore faut-il que ça serve à quelque chose. Parfois on peut se contenter d'un simple « je ne suis pas d'accord » afin de poser les frontières avec son collègue relou ou son beauf réac. Stanislas et les deux BFF étaient droit dans leurs bottes. Il et elles connaissaient mes positions. Peut-être que la suite de leurs vies aura ébranlé leurs certitudes et alors seulement les discussions avec d'autres militants de gauche les feront peut-être changer d'avis. Il et elles n'auront pas eu le plaisir de renforcer leur sentiments de supériorité à mon détriment.

Dans quinze jours je pars une semaine en voyage scolaire avec un collègue qui vote Front National (une idée de notre chef d'établissement qui est une grande blagueuse). Il va y avoir beaucoup de silence.

Général Koutouzov 1745-1813



dimanche 18 mars 2018

Les petites victoires : savoir fermer sa gueule (1ère partie)

par Guillaume

Raconter ses mémoires d'ancien combattant commence à faire vieux con mais c'est aussi comme ça qu'on apprend. Ainsi deux souvenirs qui me reviennent me conduisent à la même conclusion : il n'est pas toujours nécessaire de défendre ses convictions politiques. Des fois ça sert à rien.

Le premier souvenir remonte à 2001. Je suis à l'époque surveillant dans un lycée professionnel. Nous sommes alors le mercredi après-midi, le lycée est désert, les élèves étant partis en centre-ville se biturer la tête. Nous sommes deux pions poireautant à la vie scolaire, attentant comme chaque semaine le rush de 17h30, lorsqu'il faudra gérer les gamins malades, énervés, excités ... J'ai depuis oublié le prénom de mon collègue, appelons-le Stanislas, car c'est un prénom de droite comme chacun sait. Stanislas prépare une maîtrise en droit des entreprises, il joue pilier dans l'équipe de rugby de l'université et est faluchard (les étudiants comprendront). C'est un mec cool.

Pour ma part je n'ai jamais eu besoin de mettre en avant mes engagements politiques sur mes lieux de travail, ils m'ont toujours suivi voir précédé. C'est d'ailleurs parfois assez mystérieux : le copain d'un pote qui me connaît ? ma tête sur une affiche ? mon nom dans un article de presse ? Toujours est-il que ce jour-là Stanislas se fait chier et décide de me brancher :

« - l'autre jour y a un prof qui nous expliquait qu'il n'y a pas plus d'éléments d'économie chez Marx que dans le Coran, et c'est vrai parce que quand tu regardes bien blablabla...blablabla... »

Quel intérêt à engager une joute oratoire ? Stan est sûr d'avoir raison sur tout. Il énonce ses idées pré-conçues avec l'aplomb du gars qui ne doute jamais. Il n'a absolument pas envie de débattre, il veut me montrer que j'ai tort. De plus, il peut très bien me coincer, moi l'étudiant en deuxième année de Lettres, sur des concepts économiques qu'il maîtrise mieux que moi. Enfin, il n'y a aucun témoin qui pourrait être à convaincre. Stan est un ultra-libéral qui profite d'un emploi aidé de la fonction publique pour financer son mémoire expliquant que le privé c'est mieux. Un grand classique.

J'hoche la tête poliment et je me contente de rectifier les erreurs historiques qu'il ânone parfois :« - Non, Castro n'était pas médecin, il était docteur en droit, tu confonds avec le Che... ». Stanislas finit par bifurquer sur une critique du keynésianisme qui me laisse complètement indifférent :  « Tu sais que Keynes, à la fin de sa vie, s'est retiré en Inde et a totalement déconstruit ses propres théories ? ».

Je ne lui laisse aucune prise. Ses attaques ne rencontrent que du vide. Il finit par s'épuiser. Je souris intérieurement. Finalement l'esquive a été la défense la plus adaptée face à ce sympathique gros con.

« - et sinon... tu la trouves comment la p'tite stagiaire prof d'anglais ? »

Ah ! Voilà un sujet qui va nous rapprocher !

à suivre...


dimanche 11 mars 2018

La Syrie c'est plus compliqué que ça.

Par Patrick

Nous lisons ici ou là des analyses de la situation en Syrie d'un manichéisme déconcertant. Il y aurait, d'après les médias mainstream, d'un côté un horrible dictateur sanguinaire qui massacre son peuple et de l'autre de gentils rebelles biens sous tout rapport. On ne saurait se contenter d'une telle caricature. C'est bien entendu plus compliqué que ça.



Rappelons déjà que les médias tenant ce discours sont tous aux mains de milliardaires. Donc ils mentent c'est évident.

Avant de poursuivre notre analyse, je tiens à préciser que nous ne minimisons aucune vie humaine. Toutes les victimes d'une guerre ont droit à notre compassion, qu'elles soient victimes d'Assad ou des « rebelles » mais surtout celles qui sont victimes de l'impérialisme américain.

Car il s'agit bien de cela. Comme le dit si bien Jean-Luc Mélenchon avec le génie géo-politique qui le caractérise « Si on veut comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient, il ne faut pas regarder les guerres de religions : il faut suivre les pipelines. » Et les pipelines arrivent comme par hasard dans la poche des États-Unis.

Alors certes, peut-être que Bachar El-Assad a eu un peu la main lourde dans des moments d'agacements (que nous condamnons avec la plus grande fermeté, sommes-nous obligés de le rappeler pour ne pas subir les attaques moralisatrices des bobos-bien-pensants) mais les États-Unis eux-mêmes n'ont-ils pas bombardé le Japon avec deux bombes atomiques ?

Il est ainsi curieux de reprocher quelques massacres au président légitime de la Syrie et de taire les génocides de l'Empire américain tel celui des indiens. Les adversaires de Bachar El-Assad ne sont pourtant pas des enfants de chœurs : on trouve dans la Ghouta des groupes salafistes djihadistes comme Jaysh al Islam, Jabhat al Nusra  ou Boko Haram. Groupes qui, non seulement sont des terroristes islamistes, mais qui en plus n'ont aucune gratitude envers un régime qui les avait libérés de prison dès 2011.

Ainsi, peut-être qu'au début du printemps arabe le soulèvement populaire syrien méritait quelques soutiens, même s'ils étaient très certainement financés par les américains (comme au Chili en 1973 pour renverser Allende), désormais la révolution a été confisquée par des fascistes religieux financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite eux-mêmes financés par les États-Unis (comme en Afghanistan en 1979 pour chasser les communistes).

On m'objectera que ce serait le même raisonnement que les partisans d'Israël légitimant le siège de Gaza : le combat des palestiniens pouvait être juste au départ, mais celui-ci a été confisquée par des religieux réactionnaires. Cela n'a rien à voir bien entendu puisque les agresseurs de Gaza sont des sionistes qui sont, rappelons-le, des nazis juifs alliés aux américains.

Nous apportons donc tout notre soutien à Le Média en ajoutant que...

- Monsieur Patrick ! On avait dit cinq minutes de connexion ! Faut retourner dans votre chambre maintenant ! 

- Laissez-moi tranquille ! Vos déguisements d'infirmiers sont ridicules, je sais très bien que vous êtes des agents du Mossad ! 

- Mais oui mais oui... oh non ! Il a encore chier un article sur internet ! C'est dégueulasse ! Jean-Philippe aide-moi s'il te plaît et coupe la Wifi, il en met partout !

- J'vous dénoncerai dans mon prochain billet ! Ouvrez-les yeux bande de moutons !

- Si vous continuez comme ça, on va être obligé de vous faire une piqûre !

- Non pas les vaccins !!!!!!!
...



dimanche 18 février 2018

Pour clarifier le congrès du NPA

Par Jean-Paul



Nos camarades du NPA ont achevé leur 4e congrès au début de ce mois de février. Comme les règles démocratiques inscrites dans leurs statuts le permettent, plusieurs plates-formes s’étaient constituées. Si le fait qu'il y en avait sept ait pu faire ricaner des éléments droitiers et petits-bourgeois qui ne comprennent rien à la démocratie révolutionnaire, nous y voyons au contraire un signe de dynamisme démocratique. Et force est de constater que le NPA est de plus en plus dynamique.

Néanmoins nous admettons que les comptes-rendus du congrès exprimés par les différents courants peuvent paraître un peu obscures pour le lecteur lambda, étourdi par tant de dynamisme. Nos camarades anticapitalistes ont fait preuve d'une légèreté qui trahit leur manque d'expérience en matière de dialectique à l'intention des masses. Aussi, dans un geste de solidarité fraternelle entre révolutionnaires, je vais vous clarifier les débats de ce 4e congrès du NPA. Vous allez voir, c'est  « bête comme choux. »

Chaque plate-forme (Pf) était représentée par une lettre de l'alphabet à partir de Z en remontant donc jusqu'à T pour en compter sept. Nous pouvons simplifier en considérant qu'il y avait d'un côté la PfU représentant un potentiel dangereux virage réformiste aux dires de l'autre côté représenté par les six autres Pf. Pourquoi alors sept plate-formes et pas deux ? N'étant plus au NPA, nous ne pouvons que supputer des hypothèses objectives qui nous semblent les plus probables.

Durant les travaux préparatoires au congrès, l'ex-PfA a certainement proposé une motion pour changer le nom du parti en « parti du communisme de lutte anticapitaliste prolétarien internationaliste révolutionnaire » pour une plus grande clarté auprès des travailleurs. Comme c'est une modification statutaire, il fallait obtenir une majorité des deux tiers pour défendre cette proposition. Ce qui aurait pu être obtenu si un plaisantin qui lit encore notre blog, n'avait formulé une contre-proposition avec le nom « La Horde Sauvage », ce qui a plus de gueule que le parti du Clapir, reconnaissons-le.

Les 2/3 des 49% de la Pfa n'étant pas atteint à un septième près, celle-ci éclata donc en quatre tendances : la P, la F, la A ainsi que la X qui voulait rester anonyme. La P, dite « unitaire » refusait toute alliance avec les autres forces de la gauche tandis que la F dite « tous ensemble » privilégiait une campagne politique et sociale du NPA seul. La A exclut à juste titre un groupe de militants qui avaient dénommé les portes-parole de la PfX « les stars du X », preuve pathétique des résidus patriarcales et sexistes que l'on trouve encore dans nos organisations.

Selon un sondage Ipsos sur les pratiques sexuelles en France, paru en 2015, 70% des sondés avaient déjà essayé la fellation et 42% la sodomie. Ces chiffres n'ont aucun rapport ni avec le sujet de cet article ni avec mes propres pratiques mais de nombreuses études en psychologie ont prouvé que l'on rendait un auditoire plus attentif en évoquant des sujets sexuels.

Pour revenir à nos moutons, les exclus de la A fondèrent une sixième tendance avec des éléments dissidents de la U pour une question de co-voiturage plus rationnel depuis la province.

Dans un souci d'apaisement, et pour former une coalition permettant d'emporter la majorité sur ces déviationnistes droitiers de la U, il était convenu que la B' (ex-A rebaptisée S puis B' lors des apports de la minorité de la P) s'abstienne pour moitié, moins huit votant, sur le texte de la F définissant la position du NPA vis-vis du Parti des Travailleurs du Sud-Kiboulsthan. Cette position fondamentale aurait à coup sûr permis d'impulser une nouvelle dynamique pour relancer la construction du NPA dans le monde du travail et de la jeunesse.

C'était sans compter sur les manœuvres de la direction qui a refusé d'attendre que deux camarades soient revenus de leur pause-clope. Comme près d'un tiers de la moitié qui devait s'abstenir a mal compris les consignes et n'a pas pris part au vote (NPPV), la U a pu produire une minorité de blocage au 4/5ème. Les délégués fautifs, vexés de s'être fait engueuler comme, je cite, « du poisson pourri », ont constitué une fraction au sein de la F, rapidement transformée en septième plate-forme.

La situation aurait pu rester bloquée à ce stade mais les camarades du Finistère ont fait intervenir un copain druide qui a tranché en faveur de la P'W après consultation du vol des corbeaux.

Ainsi nous pouvons espérer une majorité stable pour une direction WTF.

vendredi 26 janvier 2018

La veste du parti communiste hospitalisée d'urgence après de violents retournements.

Par Albert Bouchignard, militant PCF depuis bientôt trente-cinq ans.

Vives inquiétudes hier soir aux abords de la clinique Jean Lefebvre où se trouvait la veste du parti communiste français. L'équipe médicale parlait néanmoins ce matin d'un état stable.

L'actualité semblait plutôt calme ces derniers mois pour le « parti-musée ». Les multiples positions autour de Notre-Dame-des-Landes étaient plutôt bien gérées : les retournements de vestes s'effectuaient harmonieusement en passant d'une fédération à une autre, des militants aux élus, des comités locaux au conseil national.

La surprise est venue des élus PCF du conseil régional d'Occitanie. Les copains venaient de prendre une position ferme et courageuse sur l'abandon des 35h pour les agents régionaux. Parce que « c'est plus compliqué que ça » expliquaient-ils, et qu'ils avaient obtenu de la part de Carole Delga, présidente de la région, « des garanties garantissant de bonnes garanties », nos élus s'étaient abstenus. Ils marquaient ainsi leur différence avec les gauchistes anticommunistes de la France Insoumise et d'Ensemble restés bloqués dans une opposition dangereusement populiste contre le reniement du refus de rejeter l'abandon des 35 h.

L'auteur reconnaît le manque de clarté de la phrase précédente mais rappelons que Jean-Luc Mélenchon a été membre du Parti Socialiste pendant trente ans. Cette incantation devrait suffire à contenter les abonnés à l'Huma.

La routine semblait donc installée lorsque les élus PCF associés à EELV décidèrent de quitter le groupe qu'ils partageaient avec la France Insoumise pour défendre les orientations de la majorité PS (qui est aussi un parti de la Gauche nda). C'est à ce moment précis qu'un bruit de déchirure se fit entendre : les coutures de la veste, pourtant rompues à cet exercice, venaient de rompre.

Transportée en urgence au bloc opératoire, les chirurgiens s'employaient encore, à l'heure où ces lignes sont rédigées, à recoudre les jointures. L'équipe médicale se veut pourtant rassurante : « C'est une opération que nous réalisons souvent sur cette vieille patiente. A bientôt 98 ans, elle en a connu d'autres. Nous souhaiterions également faire une consultation du pantalon qui l'accompagne, parce qu'avoir constamment le cul entre deux chaises n'est pas non plus sans conséquences ».

Le courant anarcho-droitier exprime tous ses vœux de prompt rétablissement à la veste du PCF.


dimanche 7 janvier 2018

Les marronniers du curé rouge

Comme chaque année nous n'avons pas échappé à ce copain militant ou ce tonton communiste qui a souhaité « une bonne année de luttes ». Nous autres bobeaufs droitiers, on souhaite bêtement une bonne santé ou du bonheur, des trucs sympa en somme, mais d'autres n'arrivent jamais à décrocher de leur rôle militant. La lutte n'est pourtant pas une partie de plaisir, si on lutte c'est qu'on y est contraint et qu'on va devoir faire des sacrifices...

Mais ce ne sera pas le seul marronnier auquel on aura le droit durant l'année.

Juste après ces « bonnes luttes », suivi du partage sur les réseaux sociaux du texte de Gramsci Je hais le nouvel an, nous aurons droit à la « galette républicaine » « parce qu'on n'aime pas les rois » ou la « galette du Soviet Suprême » lol ptdr smiley fou rire avec des larmes...

Le 8 mars, curé rouge pensera à engueuler tous ceux et celles qui parleront de la journée de la femme au lieu de la journée du droit des femmes (curé rouge n'a pas toujours tord mais c'est son ton professoral et culpabilisateur qui est énervant) .

Saint Valentin/Fête des mères/Fête des pères sont des fêtes commerciales et vous êtes vraiment des moutons si vous y participez. Curé rouge ne manquera jamais au passage de vous rappeler que la fête des mères a été crée par Pétain. Si vous vous risquez donc à offrir des fleurs à votre génitrice ce jour-là, cela démontrera bien la preuve de votre confusionnisme.

Le 1er mai est le jour de la grande messe. Il faut défiler pour les luttes que l'on a souhaité bonnes quatre mois plus tôt souvenez-vous. Penser à engueuler ceux qui parlent de Fête du Travail ou qui prolongent leur week-end.

Le 8 mai sera un rappel du rôle essentiel de l'Union soviétique dans la chute du nazisme. Curé rouge postera la photo du soldat russe sur le Reichstag.

Après chaque élection où le Front National aura encore fait des scores scandaleux, dire « les français sont des veaux ». Partager Porcherie des Béru, ou Fils de France de Saez, ou La Varsovienne ou L'Internationale... ça sert à rien mais ça défoule.

Après chaque catastrophe ou attentat, faire culpabiliser les gens qui ne réagissent pas ou, mieux encore, les faire culpabiliser parce qu'ils pleurent sur cette catastrophe et pas sur une autre moins médiatisée. Les traiter de moutons.

Pendant chaque Coupe du Monde de foot, de rugby ou pendant le Tour de France, curé rouge exprimera son énervement parce qu'il y a plus de supporters que de gens en manif. Ce sont des démonstrations nationalistes insupportables. Les traiter de gros beaufs. Faire semblant de soutenir n'importe quelle équipe faisant face à la France lol smiley tirant la langue+ rire+clin d’œil.

Le 14 juillet est une révolution bourgeoise.

Les départs en vacances sont aussi une hérésie. Les touristes feraient mieux de rester chez eux et de se mobiliser contre les réformes.

Le 11 novembre sera commémoré par la Chanson de Craonne et un panneau « Maudite soit la guerre ».

Trouver également quelques commentaires désobligeants sur les bobos. Poster au moins une fois dans l'année Hexagone de Renaud.

Enfin le 25 décembre est une fête religieuse et commerciale, les gens sont vraiment des moutons.

Entre ces rendez-vous annuels d'aigreur et de mépris, curé rouge et ses camarades tenteront de convaincre ces mêmes gens de les rejoindre dans leurs « bonnes luttes ».

Bonne année à tous, bisous !




vendredi 22 décembre 2017

Matthéo, 14 ans, refuse toujours de rendre les identifiants du site Révolution Permanente.

par Jean-Paul

Situation de crise chez nos camarades de Révolution Permanente. Depuis trois jours, Matthéo, le petit cousin d'un rédacteur, a verrouillé l'accès à la partie conception du site d'information d'extrême-gauche. Enfermé dans sa chambre, il publie toutes sortes d'articles sans aucun contrôle démocratique. La rédaction s'organise pour trouver une issue à cet incident pour le moins embarrassant.


« On était justement en train de rigoler à propos de cette polémique débile sur la ''crinière de lionne de Miss France'' quand on a vu apparaître sur notre propre site un article reprenant ce thème » nous confit un camarade de RP. « Ça parlait même de racisme d’État, j'vous garantie qu'on a tous changé de couleur à ce moment-là ! ».

En remontant le fil des publications, la rédaction consternée s'aperçoit que ce premier article n'est que la partie immergée de l'iceberg. Griezman, l'écriture inclusive, ACAB, ce sont plusieurs dizaines de publications caricaturales au ton puéril qui parasitent le site. Toute modification est impossible, identifiants et mots de passe ont été changés.

« C'est l'article condamnant la hausse du prix du tabac qui a trahi l'identité de l'auteur, poursuit le cousin du saboteur en herbe. Matthéo fume des roulées en cachette et il s'était emporté quelques jours auparavant contre les nouveaux tarifs ».

Ni une ni deux, la rédaction de RP a constitué deux commissions. Tandis qu'un premier groupe tente de résonner l'adolescent qui passe en boucle du Keny Arkana, barricadé dans sa chambre, les militants les plus doués aux mots fléchés essaient de craquer les nouveaux codes. « On a d'abord testé les mots de passe classiques dans nos milieux : lenin1917 ; barcelona1936 ; workingclasshero ; 1871... mais ça n'a rien donné, se désole un militant. Actuellement on expérimente des anagrammes avec des noms d'anarchistes et de chanteurs de reggae, les références idéologiques sont encore fluctuantes à cet âge-là. ».

Mais quelles sont les motivations de notre apprenti putschiste ? Contacté par téléphone, celui-ci nous explique : « De toute façon, à RP, c'est que des soss'dem' ! J'ai lu leurs textes, et ben y'a aucune mention de l'armement du prolétariat ou du contrôle ouvrier de la production végan. Quand on en arrive à un tel niveau de compromission, on est prêt à tout pour obtenir des postes dans des partis de l'extrême-gauche de la bourgeoisie. » Et Matthéo de prédire encore : « J'suis sûr qu'ils s'raient capables de s'allier avec l'aile droite du CCR ou avec ces réformistes de la majo du NPA, j'suis trop dég' ! » Sa conclusion semble sans appel :« Du coup, j'ai piqué les codes à mon cousin, et maintenant je publie une vraie information marxiste-léniniste révolutionnaire ! ».

Du côté de Révolution Permanente, le blocage de la situation commence à en énerver plus d'un. « Si l'un d'entre nous savait se servir d'un pied de biche, il se prendrait une sacrée avoinée ce p'tit c... ! tempête un militant. « C'est vrai qu'on est des gauchistes mais pas à ce point-là quand même, non ? »

Dans l'attente d'un dénouement, le courant anarcho-droitier exprime toute sa solidarité à nos camarades de Révolution Permanente. 



mercredi 20 décembre 2017

Salut camarade sexiste !

par Guillaume

La vague de dénonciation des violences sexistes continue son chemin et c'est tant mieux. Certains hommes ont désormais des coulées de sueurs froides entre les omoplates. Jadis persuadés qu'ils étaient séduisant, très drôle ou légitime, ils se demandent maintenant si on va toujours croire que leurs blagues salaces réitérées « étaient de l'humour » ou leur mains aux fesses étaient de « la séduction. »

Ces violences et le sentiment d'impunité qui les accompagnaient jusqu'à présent, touchent tous les secteurs de la société, tous les milieux socio-culturels et tous les bords politiques. Oui, tous les bords politiques y compris la gauche radicale, y compris nos groupes militants. Faites un tour sur le trumblr « Salut camarade sexiste », dont nous empruntons le titre pour ce billet, pour juger du boulot qui reste à faire (même si je trouve certains exemples assez capilo-tractés, mais qui suis-je, moi, homme blanc hétérosexuel, pour juger ?)

Cette lumière portée sur ce fléau sexiste, les différentes affaires qui éclatent au sein des MJS et de l'Unef, à des époques où moi et mes potes gauchistes les attaquions sur tous les fronts mais pas celui-là, tout ceci nous pousse à faire notre examen de conscience, nous, hommes blancs hétérosexuels, en tant qu'individus et aussi en tant que militants. Ai-je été lourd ? Ai-je eu un jour un comportement déplacé ? Ai-je fais des abus de pouvoir dans le cadre de mes responsabilités politiques ou syndicales ?

Je vous avoue que je cherche et que je ne trouve pas d'éléments correspondant aux dénonciations que j'entends dans les médias et lit dans les réseaux sociaux. Rien de croustillant à vous servir. Pas de confession honteuse. Peut-être ai-je un filtre hétéro-normé qui m'empêche de déceler des attitudes critiquables ?

Il me revient cependant une anecdote vécue au début de mon engagement dans le syndicalisme étudiant. A mes yeux, elle est plus synonyme de désinvoltures et d'idioties immatures que de violence sexiste, jugez-vous même, faites un effort bande de branleurs et branleuses (vous voyez que l'écriture inclusive n'est pas indispensable, fin de la parenthèse).

Le groupe d'ultra-gauchistes auquel j'adhérais alors était composé de deux tiers d'éléments masculins. On nous présente un jour une étudiante qui souhaite rejoindre notre section syndicale. Elle commence à se politiser et voudrait agir. Elle viendra le lendemain en réunion pour se faire une opinion. Pour préserver son anonymat, nous l’appellerons ici... « Bomba Latina ». Les camarades présents louchent, déglutissent puis bégaient quelques salutations. Durant la journée suivante, le mot circule entre militants qu'une beauté interdite par les conventions de Genève sera présente à la réunion du soir.

Alors qu'une réunion syndicale classique réunissait six ou sept pimpins, c'est une quinzaine de crevards qui viennent ce soir-là mettre à jour leurs cotisations.

La réunion fut un désastre.

Tous les mecs tentèrent d'attirer l'attention de Bomba Latina. Qui en vantant son engagement, qui en surenchérissant son radicalisme, comme si c'était une preuve de virilité, qui en blaguant, tous en se coupant la parole, se chambrant, en dévalorisant joyeusement les autres prétendants. Le secrétaire, incapable de faire avancer la réunion, s'arrachait les cheveux. Les autres filles présentes, dans l'impossibilité de placer un mot, faisaient des moues consternées. Ce fut une querelle de coqs dopés aux hormones. Nous fûmes ridicules.

Bomba Latina ne revint jamais à d'autres réunions. Nous étions tous conscients de notre responsabilité mais même notre auto-critique ne fût pas à la hauteur. Quand on se remémorait cette réunion, on se tapait du coude en ricanant :  « Rhôoo ! Qu'est-ce qu'on était cons » [rires gras]

Bien des années plus tard seulement, cette pathétique réunion nous avait inspiré le point 11 des 10 anti-commandements.

Je me demande si Bomba Latina a fini par s'engager quelque part, si elle a trouvé un groupe où elle se sent à l'aise pour militer.

Faudrait que je la recherche sur Facebook...






mercredi 13 décembre 2017

Unité !

Les obsèques d’un célèbre rocker exilé fiscal ont un point commun avec les finales sportives : le mépris inter-classe. On connaît tous le mépris de classe, celui du grand-bourgeois ricanant à propos de la vulgarité populaire. On s’accommode pourtant des discours ou des sentences en cent quarante caractères transpirant l’aigreur de ne pas voir autant de monde à nos manifs.

S’il y a plus de participants aux funérailles de Djohnny que pour défendre le code du travail, c’est d’abord la faute des syndicats et orga de gauche qui sont pas assez convainquants, et puis merde.
Pourquoi se créer des barrières supplémentaires ? Entre beaufs et bobos, entre racailles et bouseux, intellos et prolos …

Faudra nous expliquer en quoi traiter les gens pascommenous de moutons, débiles ou gros beaufs est une bonne entrée en matière pour ensuite les encourager à nous rejoindre dans nos combats politiques et sociaux.

On en a déjà parlé et là, donc on s’attarde pas.

Chez les anarcho-droitiers, sous ton T-shirt avec un aigle américain, tu restes un camarade !




samedi 2 décembre 2017

L'Anticapitaliste Presse fête son 1000e article critique sur Mélenchon

par Jean-Paul

Chaude ambiance à l'imprimerie de Montreuil ce mercredi soir. Toute l'équipe de l'hebdomadaire du NPA s'est réunie pour fêter la parution du millième article expliquant pourquoi Jean-Luc Mélenchon se trompe.

« Ça fait chaud au cœur, nous confit un membre de la rédaction, c'est le fruit d'un travail constant et méticuleux ». Tandis que les bouteilles de Clairette circulent de groupe en groupe, notre interlocuteur poursuit : « En même temps, ce thème, c'est une sécurité pour nous. Chaque semaine on sait qu'on peut compter sur deux ou trois articles expliquant pourquoi le Front de Gauche, la FI ou Méluche ne sont pas de vrais révolutionnaires. On peut ainsi meubler les colonnes du journal ».

C'est aussi cet aspect réconfortant qui a séduit Cassiopée, militante du NPA descendue à l'imprimerie pour ''chercher des feuilles'' : « C'est vrai que quand on sort d'un CN où on a passé cinq heures à se pouiller la tête entre tendances, ça fait du bien de lire qu'on est plus intelligent que les insoumis. Ce thème c'est un peu notre doudou ».

Mais quel est le secret d'une telle constance ?

La soirée avançant, les langues se délient. Un vieux militant finit par se confier : « L'idée nous est venue par des camarades de la quatrième internationale d'Haïti. Là-bas ils pratiquent le Vaudou incantatoire. Tu désignes un ennemi et tu récites les malheurs qui vont lui arriver. Au début bien sûr on y croyait pas, mais vu qu'on avait rien à perdre, on a tenté le coup avec le Front de Gauche. Dès 2009 on a expliqué que ça marcherait jamais. Eh ben crois-moi, crois-moi pas, en 2016, ça c'est réalisé ! ».

Au détour d'une chenille, nous interceptons Cricri qui nous confirme cette version : « Bien sûr, on s'est débarrassé du folklore d'origine. On va pas égorger une poule noire chaque semaine, on a arrêté ça très vite. C'est pas très matérialiste, n'empêche, beaucoup de camarades y croient maintenant. Moi par exemple, ça va faire cinq ans que j'écris que les meeting du NPA sont des succès... je compte bien le voir se réaliser un jour ! »

Nous l’espérons avec eux.

jeudi 2 novembre 2017

Pour une éducation politique aux médias et à l'information 2/2

Comment faire, foutre dieu, pour être sûr de ne pas relayer une information issue d'un site de fachos, ne pas gober une théorie du complot ou perdre son temps à polémiquer avec des contacts naïvement confusionnistes ?

Nous n'avons bien sûr pas de recette miracle mais on peut apprend à lire des informations avec une gymnastique un tant soit peu rigoureuse. Quatre critères doivent être évalués pour tout article pioché au hasard des clics internet : pertinence, actualité, fiabilité et qualité.

Pertinence : l'article présente-t-il une vraie originalité ou défonce-t-il une porte ouverte ? Où l'auteur veut-il nous amener ? Quels sont ses conclusions ? Des faits observés par un site complotiste ou d'extrême-droite n'ont-ils pas des sources à gauche ? Si oui, pourquoi alors passer par un filtre d'extrême-droite ? Il ne faut pas se limiter à certains mots-clés marqués à gauche tels « anti-impérialisme » « peuple » « anticapitalisme » « anti-libéral »... On le voit avec le mot « élite » qui est désormais dénoncé par les « élites » elles-mêmes.

Actualité : il faut repérer l'âge de l'information. Ne pas confondre la date de création ou de la mise en ligne et la date de l'information. Pour les statistiques, les études sociologiques, la date est primordiale et périme assez vite.

Fiabilité, crédibilité : Une info sans auteur n'est pas recevable, point barre. Rappelons qu'un auteur peut être une personne physique, un groupe de personnes, une organisation ou une institution. Un site relayant une fausse information sans rectifier son erreur ultérieurement est un site à bannir. L'erreur est possible pour n'importe quel média, mais elle doit être corrigée. Dans le cas contraire, il s'agit au mieux d'une désinvolture, au pire d'une tentative délibérée de désinformer. La source dévoile-t-elle une information extraordinaire non relayée par la presse institutionnelle, même pas une petite dépêche AFP ? Ça peut arriver mais c'est peu probable.

Qualité : l'article est-il une étude étayée d'exemples, de témoignages ou est-ce un coup de gueule ? L'auteur décrit-il des faits ou exprime-t-il juste son opinion ? Fait-il dans le sensationnel ? Tente-t-il de culpabiliser les lecteurs ou de les mettre dans la confidence ? Est-ce un vocabulaire descriptif ou émotionnel ? L'orthaugraffe es 1 undikateur 2 sérieu ou pas du travail 2 l'oteur.

En plus de cette discipline individuelle, s'informer est aussi une démarche collective. Nous évoquions dans la première partie de cet article la perte du rôle de média des organisations politiques mais celles-ci peuvent encore servir d'intermédiaires entre info et militants. Des commissions peuvent élaborer des revues de presse et des bibliographies qui seront diffusées aux adhérents. La validation de l'information se fait ainsi de façon collective avec des grilles de lectures conformes aux valeurs communes d'une orga.

Ne jamais omettre non plus de faire un « point actualité » (locale, nationale, internationale) lors de chaque réunion. Les adhérents n'ont pas toujours l'occasion de traiter politiquement l'actualité en dehors de ces moments. C'est là qu'on peut discuter et débattre. Cela permet de s'accorder entre militants.

Ainsi une fois avoir accepter l'idée que la politique n'est ni un hobbies ni une compétition sportive, il est possible de s'affranchir des embrouilles décuplées par l'univers d'internet. En respectant quelques règles de lectures, chacun peut être autonome dans sa recherche d'information. Les organisations politiques ou syndicales deviennent prescriptrices de sources d'informations fiables. Ce n'est bien sûr pas une science exacte. Vous êtes seuls à décider si vous vous contentez de rumeurs et de médiocrité ou si vous construisez vos connaissances sur des références de qualité qui rendront ainsi votre travail militant plus crédible et reconnu.

Inutile de nous remercier.

Ps : voici quelques ressources pas dégueu pour se former : http://www.acrimed.org/-Education-aux-medias-


mardi 31 octobre 2017

Pour une éducation politique aux médias et à l'information 1/2

Jadis les organisations politiques diffusaient de l'information de façon verticale. L'Humanité était l'organe central du Parti Communiste Français, tout comme l'ensemble de la presse jusqu'à la moitié du XXe siècle était présentée comme des organes de partis politiques. Ajoutez à cela des maisons d'éditions et des intellectuels estampillés conformes aux lignes partisanes, l'information politique circulait sans problème à travers des canaux bien balisés.

On ne se serait d'ailleurs pas autorisé, à gauche, à aller piocher et citer des sources de l'autre extrême bord politique alors qu'on côtoyait des camarades anciens résistants ou anciens déportés. Mais ça c'était avant.

Aujourd'hui avec le numérique, internet et le web 2.0, l'information déborde tous les cadres et est omniprésente. Les cadres d'ailleurs, certains s'en passent : doit-on donner la parole à Asselineau dans nos médias ? Doit-on écouter Chouard ? Mr Mondialisation est-il fiable ? Etc... L'info politique ne se limite plus aux médias officiels des orgas, ce qui n'est pas nécessairement un mal. Qui pourrait se contenter de la fadeur d'un Anticapitaliste ou des nouvelles réchauffées de l'Huma ?

Il est donc devenu indispensable d'apprendre à développer son esprit critique, sa culture du doute et à détecter les manipulations pour devenir un militant responsable. 


Avant de présenter, dans une deuxième partie, des critères pour analyser la fiabilité d'une information (politique de surcroît), rappelons - encore une fois – un principe fondamental : Non il n'y a pas de bonnes idées partout et Non on ne discute pas avec tout le monde. L'inverse est peut-être vrai en musique, littérature ou cinéma mais la politique n'est pas une querelle d'esthètes, c'est un combat.

Distinguons discuter/ débattre/ combattre à l'aide d'un bête dictionnaire. Discuter signifie « échanger des idées sur tel ou tel sujet », or nous n'avons rien à échanger avec des ennemis de classe. De plus discuter vient du latin discutere qui veut dire « secouer » et les secousses que cela nous évoque traduit bien ce que nous pensons de « discuter ». Débattre évoque le fait de discuter de quelque chose en examinant tous les aspects, soit, on veut bien faire ça entre camarades. Enfin combattre évoque : 1 « faire la guerre à quelqu'un » ; 2 « s'opposer à quelqu'un quelque chose, s'élever contre ; 3 « œuvrer pour soutenir, défendre, une cause, un point de vue ».

Politiquement nous combattons.


La suite demain...